Jour de tempête
Ce matin, lorsque mon réveil a sonné, j'ai automatiquement pesé sur snooze. Je ne voulais pas me lever, je voulais rester au chaud dans mon lit.
7h15, je me décide à ouvrir les yeux pour de bon. Je regarde mon téléphone et je vois deux messages non-lus. Mes parents. Mes parents qui me disent "Je pense que ton école est fermée aujourd'hui". Je regarde sur le site de l'école et l'établissement est bel et bien fermé.
Le bonheur. L'excitation. La délivrance, même. Je pouvais rester couché, la journée était annulée.
Ça m'a alors rappelé ces soirs, quand j'étais plus jeune, où je me couchais en souhaitant, en priant, qu'il y ait une tempête de neige et que l'école soit fermée le lendemain. Et ces matins où mon père ou ma mère venait me réveiller pour me dire qu'il y avait bien une tempête, que l'école était fermée. À cet âge, il était impossible que je me rendorme tellement j'étais excitée. Le plus drôle, c'est que je pense que mes parents, surtout mon père, étaient excités à l'idée de venir me dire que l'école était fermée. Ça l'amusait, je pense. De livrer une bonne nouvelle qui, il savait, me ferait plaisir.
Et puis, le meilleur, après, c'était quand mon frère restait à la maison avec moi et qu'on allait enlever la neige dans la cours, qu'on y jouait aussi. Les journées de tempête avaient toujours un certain côté magique, mystérieux: la ville était pratiquement dans un coma.
Aujourd'hui, maintenant que je suis une adulte et que j'habite dans un appartement, la magie n'est plus vraiment présente. Certes, je suis contente quand l'école ferme, comme ça je peux dormir plus longtemps. Mais je ne sors plus dehors. Je ne vais plus jouer dans la neige. Je reste enfermée à l'intérieur parce que, de toute façon, j'ai des travaux à faire. Ça me rend triste, surtout nostalgique, mais je me dis que c'est comme ça.
Que c'est la vie.
