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lundi 11 avril 2016

La page blanche de Pénélope Bagieu et Boulet

Résumé

« Tout va bien se passer... J'ai une adresse, des tickets de métro, un plan de Paris... D'ici une minute, tout va me revenir. »
Sur un banc, dans Paris, une jeune femme reprend ses esprits. 
Elle ne se souvient ni de son nom, de ce qui l'a amenée là. Son passé a disparu...

Avec humour et sensibilité, Pénélope Baigeu et Boulet racontent sa quête d'identité. 

Publié en 2012 aux Éditions Delcourt
200 pages








Ce que j'en pense

Lorsque j'étais plus jeune, j'avais fortement accroché sur Pénélope Bagieu et ses dessins. Je me souviens de ces soirées où je passais mon temps à regarder son travail sur son blogue. Je suis fan depuis longtemps, mais je n'avais jamais acheter aucun de ses romans graphiques. Alors, quand j'ai vu celui-ci, je n'avais pas d'autres choix que de le prendre. 

La page blanche commence lorsque la protagoniste se retrouve assise sur un banc en ayant aucune idée de ce qu'elle fait là et même qui elle est. S'enclenche alors une poursuite de soi-même pour découvrir ce qui lui est arrivé et surtout pour savoir qui elle est réellement.

C'est une histoire très intéressante, cette quête de soi-même. Si on se réveillait un matin et qu'on avait tout oublié de notre vie, est-ce qu'on serait satisfait de nos relations, de notre travail, etc. ? C'est cette idée qui est exploité dans ce roman graphique. Au fur et à mesure que Éloïse en apprend sur sa vie, elle réalise que les personnes qu'elle croit être ses amis ne le sont pas du tout, en fait. Que sa vie, c'est un mélange de faire-semblant et de déceptions. Heureusement, elle compte remédier à la situation.

Je me suis attachée à cette jeune femme pour sa détermination et sa fidélité. Par fidélité, j'entends le fait d'être fidèle à soi-même, à ses désirs. Dans cette "deuxième" vie, Éloïse change beaucoup et elle ne souhaite plus faire des choses ou être avec des gens qu'elle n'aime pas. Elle est honnête sur ses envies et elle les respecte. J'ai beaucoup aimé la voir grandir à travers ce périple.

Si j'ai lu cette bande-dessinée, c'est simplement parce que l'auteur est Pénélope Bagieu. Et laissez-moi vous dire qu'elle ne m'a pas déçue: j'adore tout de ses dessins, absolument tout. C'est vraiment mon genre de bande-dessinée et j'ai très hâte de découvrir ses autres œuvres.

Bref, cette chronique est assez courte, mais je ne souhaitais pas m'étendre davantage. J'ai passé un excellent moment en compagnie d’Éloïse et j'ai pris un grand plaisir à la voir se tromper, réussir, puis se tromper de nouveau. C'est une petite histoire simple, mais elle véhicule un message important.  

★★★★☆

lundi 4 avril 2016

À la Croisée des Mondes T1: Les Royaumes du Nord de Philip Pullman

Résumé


Pourquoi la jeune Lyra, élevée dans l'atmosphère confinée du prestigieux Jordan College, est-elle l'objet de tant d'attentions ? Lorsque son meilleur ami disparaît, elle se lance sur ses traces. Un périlleux voyage vers le Grand Nord, qui lui révélera ses extraordinaires pouvoirs et la conduira à la frontière d'un autre monde.



Publié en 1998 chez Gallimard Jeunesse
496 pages








Ce que j'en pense

Je ne sais pas ce qui a fait que j'ai eu envie de lire ce livre. Je n'en avais que très peu entendu parler, mais je savais que la trilogie était assez appréciée. Un soir, je suis allée à la librairie et je suis ressortie avec ce livre. Quelques jours plus tard, je n'avais qu'une envie et c'était de le lire. Alors c'est ce que j'ai fait.

Les Royaumes du Nord raconte l'histoire d'une petite fille, Lyra, qui se retrouve mêlée à une histoire assez spéciale de disparition d'enfants où elle a un très grand rôle à jouer. Dès le début, à travers tous ces Érudits, ces Maîtres, ces hommes et femmes importants et même à travers ses camarades, on sent que Lyra n'est pas comme les autres: elle a un je-ne-sais-quoi qui fait qu'elle se démarque, qu'elle brille plus fort que la majorité des autres étoiles. Aidée de son daemon Pantalaimon et de personnages tout aussi charmants qu'elle, elle partira à la conquête du Nord pour comprendre le mystère autour de ces enfants qui disparaissent et de cette Poussière qui semble si précieuse et vitale. 

Ce roman qui fait près de 500 pages m'a charmée de la première phrase jusqu'à la dernière. Et ça m'a pris par surprise, car je lis très peu de livres jeunesse fantastiques. Je n'ai jamais été particulièrement attirée par ces histoires imaginaires. Pourtant, Les Royaumes du Nord m'a tenu en haleine jusqu'à la fin. Pour passer une belle journée, j'avais besoin de ma dose de Lyra et de Pantalaimon. Leur périple dans le Grand Nord est dur, froid et tellement compliqué qu'on ne peut que vouloir continuer à lire pour découvrir ce qui va se passer. 

Les personnages, parlons-en ! Tout d'abord, Lyra, quelle petite fille admirable et persévérante. Elle n'a aucune idée de ce qui l'attend et pourtant, elle fonce à chaque fois. Elle risque sa vie à plusieurs reprises pour sauver ses amis et c'est beau à voir. Ce qui est intéressant, ce qu'elle grandit à travers cette histoire. Elle fait plusieurs découvertes qui la changent en tant qu'individu. Pantalaimon est son fidèle compagnon, son daemon. Les daemons sont des animaux qui peuvent changer d'apparence et qui sont reliés aux humains. De fait, chaque humain a son daemon personnel. Ces deux êtres sont si liés que s'ils venaient à être séparés, la douleur serait telle qu'ils en mourraient. C'est pourquoi la relation entre Lyra et Pantalaimon est si belle: ils ont besoin de l'un et de l'autre pour vivre. J'aurais tant aimé que ce soit comme ça dans la vraie vie, j'aurais adoré avoir mon petit animal qui me suit partout. 

« Lyra était partagée entre la colère et le désespoir. Pantalaimon enfonça ses griffes de blaireau dans la terre et continua d'avancer. C'était un sentiment si étrange quand votre daemon tirait sur le lien invisible qui l'unissait à vous; un mélange de douleur intense dans la poitrine, de chagrin profond, et d'amour. Et Lyra savait que c'était la même chose pour Pantalaimon. Tous les enfants s'amusaient à faire cette expérience en grandissant: voir jusqu'où leur daemon et eux pouvaient se séparer, pour finalement se rejoindre, avec un immense soulagement. »

Un autre personnage que j'ai adoré est Iorek, l'ours sur la couverture. Il est le grand protecteur de Lyra et avec lui, elle ne craint rien. Sinon, les autres personnages, des gitans, des sorcières, des animaux, tout ceux qui viennent en aide à la protagoniste sont tous charmants, adorables et tellement déterminés. Ils le voient bien que cette petite fille est spéciale et qu'il faut à tout prix la sauver des mains des méchants. À leurs façons, ils vont tous l'aider à atteindre son but.

Ce qu'il y a de fascinant avec l'écriture de Philip Pullman, c'est qu'elle s'adapte à tous les âges. Un adulte comme un enfant pourrait lire ce livre et l'apprécier tout autant. Je pense que, dans les romans jeunesse, quand un écrivain arrive à faire ça, c'est qu'il a vraiment bien écrit et qu'il ne s'est pas adressé à ses lecteurs principaux comme s'ils étaient des bébés. C'est remarquable !

Bref, je pense que ma chronique vous donne une belle idée de l'ampleur de cette histoire. Si ce n'est pas un coup de coeur, c'est simplement parce qu'il manquait cette petite étincelle, celle qui change tout et qui nous marque profondément. C'est un peu dur à expliquer, mais ceux qui savent de quoi je parle comprendront. Sur ce, il me tarde de lire ce deuxième tome que je compte me procurer le plus rapidement possible !

★★★★☆

lundi 14 mars 2016

Et puis, Paulette... de Barbara Constantine

Résumé

Ferdinand vit seul dans sa ferme. Et ça ne le rend pas franchement joyeux. Un jour, il passe chez Marceline, sa voisine, et découvre que son toit est sur le point de s'effondrer. Très naturellement, ses petits-fils, les Lulus, lui suggèrent de l'inviter à la ferme. L'idée le fait sourire. Mais ce n'est pas si simple, certaines choses se font, d'autres pas... Il finit tout de même par aller la chercher.
De fil en aiguille, la ferme va se remplir, s'agiter, recommencer à fonctionner. Un ami d'enfance devenu veuf, deux très vieilles dames affolées, des étudiants un peu paumés, un amour naissant, des animaux... Et puis, Paulette...

Publié aux éditions Calmann-Lévy en 2012
272 pages


Ce que j'en pense

J'ai acheté ce roman il n'y a pas si longtemps, car le résumé m'avait bien accroché. Comme j'avais envie d'une histoire légère et rapide à lire, je l'ai sorti de ma PAL.

Et puis, Paulette met en scène une panoplie de personnages. Celui qui met tout sur pied est Ferdinand, un grand-père tout à fait adorable. Veuf depuis quelques années, il se sent très seul chez lui. Sur un coup de tête -quoique bien réfléchi-, il décide de demander à Marceline, sa voisine, d'emménager avec elle. Accompagnée de ses animaux -un chat, une chienne et un âne-, elle accepte. Et puis après, il y a Guy, et les soeurs Lumières, etc, etc, etc: les nouveaux arrivants ne cessent plus d'affluer. Tous ensemble, avec leurs maux, ils remueront ciel et terre afin que tout le monde soit heureux et en santé. 

« - Vous savez, c'est important aussi de se rappeler, de temps à autre, qu'il y a plus malheureux que soi. Ça remet bien les pieds sur terre. Ou les pendules à l'heure, si vous préférez. On en a besoin, quelquefois, vous ne croyez pas ? 
Elle a l'air d'être ailleurs. Il cherche un truc marrant.
- Vu que personne n'est jamais revenu pour dire si c'était mieux là-bas, ça ne vaut peut-être pas la peine de prendre les devants, hein, madame Marceline ? Il est urgent d'attendre, quoi. »

Comment puis-je vous faire comprendre à quel point ce livre fait du bien ?  Ces personnes de la ferme, ils se guérissent entre eux. Si un des leurs est souffrant, ils vont tout faire pour soulager ses douleurs. Comme ils sont plusieurs, chacun excelle dans un domaine. Cela rend donc la cohabitation bien plus facile. De plus, ils ne se connaissent pas tous et pourtant, ils s'aiment tous. À un moment, deux jeunes se joignent au groupe qui, à la base, n'est fait que de personnes âgées et, croyez-moi, j'aurais tant donné pour habiter là, moi aussi. Habiter à la ferme rend l'existence de tout le monde plus facile et c'est si beau, si touchant à voir.

Si je n'avais qu'à choisir que quelques-uns de mes personnages préférés de ce roman, j'aurais du mal. Ils ont tous leurs forces et leurs faiblesses qui les rendent uniques et attachants. Toutefois, j'ai eu un énorme faible pour les deux petits enfants: Ludo et P'tit Lu. Je les adore ! Ils sèment la joie de vivre partout où ils passent, ils sont exceptionnels. Leur naïveté et leur innocence sont si belles à voir. Avec eux, il semble que Ferdinand, leur grand-papa, rajeunisse. En parlant de lui, je pense qu'il fait aussi parti de mes préférés. Juste parce que, grâce à lui, tout le monde peut se rassembler à la ferme. À la base, c'est son idée puisque c'est sa ferme. Il fait tout pour rendre les autres heureux, il donne tout ce qu'il peut et franchement, c'est remarquable. Pour conclure mon top 3, j'ajouterais Marceline ou Guy. Je n'arrive pas à me décider... Marceline, l'artiste au passé obscure et Guy, l'insomniaque solitaire... Ils ont tous les deux leurs places dans mon coeur. 
Et puis, et puis... je ne peux pas ne pas parler des animaux. Cornélius, l'âne ! Je suis épatée que quelqu'un ait réussi à créer un animal si attachant, si spécial, si drôle ! Malgré sa tête de mule -le jeu de mots !- je l'aurais adopté sur le champ, n'importe quand.

Et puis, Paulette, qui est-il ? C'est un mystère qu'on ne découvre qu'à la fin. Et ça vaut la peine. C'est une vraie surprise qui amène tant de bonheur à la ferme. Je ne m'y attendais pas du tout, mais je suis bien contente.

« - Ça vous plairait de faire le voyage en charrette ?
Ils aimeraient drôlement. Elle s’approche de l’âne.
- Très cher Cornélius. Serais-tu d’accord pour accompagner ces jeunes gens chez leur grand-père ?
P’tit Lu et Ludo rigolent, gênés. Marceline leur chuchote Ce n’est pas sûr qu’il accepte, vous savez. Elle fouille dans sa poche, leur glisse à chacun un bout de carotte. Ils tendent les mains. L’âne prend les morceaux très délicatement, les croque en secouant la tête.
- Ah ! Je suis contente que tu dises oui. Merci, Cornélius chéri.
Les enfants se regardent, bluffés. Ils ne savaient pas que les ânes comprenaient aussi bien tous les mots. »

Pour ce qui est de l'écriture de Barbara Constantine, je suis en totale admiration. Mélangée la narration et les dialogues de la sorte, ça me conquis complètement. Et puis, son écriture représente bien les personnages, on peut très bien les imaginer avoir ces pensées-là, ces rêves-là... 

Bref, Et puis, Paulette, dans la même lignée que Ensemble, c'est tout de Anna Gavalda relate une histoire de solidarité entre un groupe de personnes qui se maintient en vie grâce à leurs efforts et leur amour. Ce livre n'est pas un coup de coeur pour moi, mais ça a passé tout près. Cette histoire fait du bien à lire, elle réconforte, alors faites-vous du bien et lisez-là !

★★★★☆

mercredi 17 février 2016

Une chambre à soi de Virginia Woolf

Résumé

Bravant les conventions avec une irritation voilée d'ironie, Virginia Woolf rappelle dans ce délicieux pamphlet comment, jusqu'à une époque toute récente, les femmes étaient savamment placées sous la dépendance spirituelle et économique des hommes et, nécessairement, réduites au silence. Il manquait à celles qui étaient douées pour affirmer leur génie de quoi vivre, du temps et une chambre à soi.

Publié aux Éditions 10/18 en 1992.







Ce que j'en pense

Virginia Woolf est une femme qui m'a toujours fascinée. Malgré la déception que j'ai eu en lisant Mrs Dalloway, je n'ai jamais pensé que cette femme ne méritait pas qu'on la lise. C'est pourquoi quand j'ai vu ce livre à la librairie, je l'ai pris sans me poser de questions. 

Une chambre à soi est un essai sur la place des femmes dans la vie en générale, mais surtout dans la littérature. N'importe qui s'intéressant à cette question sait que le sujet est délicat et qu'au final, les femmes ont été affreusement limitées dans leur développement littéraire. Ainsi, on suit l'auteure à travers son sujet d'étude: quel est le lien entre les femmes et le roman ? Virginia Woolf aborde le sujet d'une façon très pertinente en faisant plusieurs liens avec d'importants écrivains comme Shakespeare, Jane Austen, les soeurs Brontë et George Sand. Elle explique à quel point il était mal vu pour une femme de vouloir écrire, d'avoir une pratique intellectuelle. Heureusement, certaines femmes ont réussi à braver ses conventions et à représenter la Femme. 

« Le monde ne leur disait pas ce qu'il disait aux hommes : Écrivez si vous le voulez, je m'en moque... Le monde leur disait avec un éclat de rire: Écrire ? Pourquoi écririez-vous ? »

Le livre est divisé en six chapitres. Les deux premiers, je les ai trouvés assez long. Je trouvais que Virginia Woolf contournait le sujet, qu'elle s'en approchait sans entrer directement dedans. Par la suite, elle s'intéresse concrètement aux écrivaines mentionnées plus haut et ça m'a totalement accroché. Elle parle du parcours de Jane Austen qui doit s'occuper de la maison, des tâches ménagères, des enfants, de son mari. En gros, elle n'a aucun temps pour elle. C'était semblable pour la grande majorité des femmes à cette époque. Jane Austen a toutefois persisté à écrire, même si elle le faisait dans le secret, et c'est grâce à elle que nous avons Orgueil et Préjugés. 

« Et sans vanterie ou désirer de peiner l'autre sexe, on peut dire qu'Orgueil et Préjugés est un bon roman. Quoi qu'il en soit, il n'y avait pas lieu de rougir parce que l'on était prise en flagrant délit d'écrire Orgueil et Préjugés. Jane Austen, cependant, était contente d'entendre grincer les gonds, ce qui lui permettait de cacher son manuscrit avant que quelqu'un entrât. Pour Jane Austen, il y avait quelque de peu honorable dans le fait d'écrire Orgueil et Préjugés. Et, me demandai-je, Orgueil et Préjugés aurait-il été un meilleur roman, si Jane Austen n'avait pas pensé qu'il était nécessaire de cacher son manuscrit aux visiteurs ? »

L'ironie, dans toute cette histoire, est à quel point les hommes sont obnubilés par les femmes. Ils écrivent à propos elles, ils parlent d'elles, ils les aiment, ils vivent avec elles. Et pourtant, elles n'ont pas le droit de participer à la vie publique et surtout pas d'écrire. Pourquoi ? Si elles sont si importantes au développement des hommes, pourquoi ne peuvent-elles pas être leur égal ? C'est frustrant, car on le sait bien, aujourd'hui, qu'un homme comme une femme est capable d'écrire un roman. 

À un moment, Virginia Woolf imagine ce qui se serait passé si Shakespeare avait eu une sœur dotée des mêmes capacités que lui. Elle ne prend pas beaucoup de temps avant d'arriver à la fatidique conclusion que cette sœur aurait préféré mourir plutôt que d'être emprisonnée dans ce corps de femme sans aucune possibilité de créer quoique ce soit. C'est triste, fâchant, révoltant, mais pourtant si vrai. 

« Elles écrivaient comme écrivent les femmes et non comme écrivent les hommes. Parmi les mille femmes qui alors écrivaient des romans, elles furent les seules à ignorer complètement les perpétuels conseils de l'éternel pédagogue: écrivez ceci, pensez cela. Elles seules furent sourdes à l'éternelle voix, tantôt grommelante, tantôt protectrice, tantôt autoritaire, tantôt chagrine, tantôt scandalisée, tantôt irritée, tantôt paternelle, à cette voix, qui ne peut laisser les femmes en paix[...]. »

L'écriture de Woolf est très bien structuré. J'avais peur, en lisant un essai, d'avoir du mal à suivre, de me perdre, mais j'ai réussi à bien comprendre. Il est vrai que ce livre me demandait un peu plus de concentration qu'à l'habitude. Je ne voulais pas lire avec plein de gens autour: j'avais besoin de calme et de silence afin de bien assimiler les avancements dans la pensée de l'essayiste. 


Bref, je pense que cet essai est important. Le message qu'il véhicule est important : laissez la femme être, permettez lui d'avoir une chambre à soi et enfin, peut-être, arrivera-t-elle à s'épanouir. 

★★★★☆

samedi 26 décembre 2015

Un jour, peut-être ? de Colleen Hoover

Résumé

Sydney, 22 ans, a tout pour elle : le mec parfait, Hunter, un bel avenir et un superbe appart' en coloc avec sa meilleure amie. Jusqu'au jour où, grâce à Ridge, son mystérieux voisin musicien, elle tombe de haut : Hunter la trompe dès qu'elle a le dos tourné. Sydney décide alors de tout plaquer. Faute de moyens, elle est hébergée chez Ridge. Ensemble, ils composent des chansons. Elle vibre lorsqu'il lui joue ses magnifiques mélodies à la guitare. Mais le coeur de Ridge est pris depuis bien longtemps. Pourtant, de son côté, il ne peut ignorer la force silencieuse qui le pousse vers Sydney. Ensemble, ils vont comprendre que les sens ne peuvent jamais trahir le coeur...


Paru aux Éditions Hugo et Compagnie en 2015
388 pages





Ce que j'en pense

Quel bonheur de tomber sur ce livre par pur hasard à la bibliothèque ! Cet auteur me faisait de l'oeil depuis tellement longtemps. Je n'avais aucune idée quel livre lire de Colleen Hoover, mais le choix s'est imposé par lui-même. 

Dans Un jour, peut-être ?, nous faisons la rencontre d'une jeune femme très attachante: Sydney. Elle est belle, drôle et intelligente. Le jour de son anniversaire, elle apprend que son copain a été infidèle à plusieurs reprises et elle décide alors de le quitter. Comme elle n'a que très peu d'argent et qu'elle ne souhaite pas aviser ses parents de sa situation, Ridge, son voisin, lui permet de rester chez lui. Là-bas, elle commence à écrire des chansons avec ce dernier et son petit coeur qui essaie pourtant de guérir a bien du mal à contrôler ses émotions lorsqu'elle est près de Ridge. 

Les deux personnages principaux sont Sydney et Ridge. Sydney, comme mentionné plus tôt, est adorable et on voit bien qu'elle veut absolument bien faire et qu'elle ne veut pas blesser personne comme elle a été blessée. De ce fait, quand elle apprend que Ridge a une copine de longue date, elle fait son possible pour faire disparaître les sentiments naissants qu'elle ressent. Ce côté honnête de sa personnalité m'a grandement plu, car c'est une qualité qui se fait rare. Ridge. tant qu'à lui, est une perle rare. Je pense que n'importe qui aimerait l'avoir comme amoureux. Il est attentionné, doux et tendre. Il a une particularité très rare que je ne nommerai pas, mais je pense que ça le rend encore plus attachant, car on souhaite en découvrir davantage. Bref, les deux personnages sont merveilleux. 

« Je voudrais savoir comment tu chantes les paroles de mes chansons alors que je ne les ai pas encore écrites. »

Un jour, peut-être ? est un livre qui se lit rapidement et qui doit être lu rapidement, je pense. En fait, je me demande comment quelqu'un peut traîner cette lecture sur plus que trois jours... J'étais tellement plongée dans l'univers de ce roman que tout ce que je voulais, c'était lire, lire et lire !

Un thème important du roman est la musique. Elle est partout. Sur la couverture du roman, il est écrit que les chansons qui ont été écrites pour ce livre sont disponible sur un site Internet, mais je n'ai jamais été capable de trouver la liste de chansons... Je pense que tous les amoureux de musique se sentiront concernés à travers cette lecture.

Si on se fit à tout ce que je viens d'écrire, on pourrait penser que j'ai eu un coup de coeur pour ce livre. Mais ce n'est pas le cas. J'ai adoré ma lecture, mais le coup de coeur n'y est pas. Je pense que j'aurais eu besoin de belles citations, de belles phrases, d'une écriture plus poétique. Ainsi, j'aurais eu un coup de coeur. Mais on ne peut pas tout avoir !

Bref, comme vous pouvez le constater, j'ai passé un excellent moment en lisant ce roman. Je le recommande à tous les amoureux de romance, de belles histoires et surtout de musique !

★★★★☆

lundi 7 décembre 2015

L'orangeraie de Larry Tremblay


Résumé

Quand Amed pleure, Aziz pleure aussi. Quand Aziz rit, Amed rit aussi.
Ces frères jumeaux auraient pu vivre paisiblement à l'ombre des orangers. Mais un obus traverse le ciel, tuant leurs grands-parents. La guerre s'empare de leur enfance et sépare leurs destins. Des hommes viennent réclamer vengeance pour le sang versé.
Amed, à moins que ce ne soit Aziz, devra consentir au plus grand des sacrifices. Et tous payeront le tribut des martyrs, les morts comme ceux qui restent.

Paru aux éditions Alto en 2013.
159 pages




Ce que j'en pense

Si ce n'était pas pour les cours, je n'aurais jamais lu ce livre. Pour être honnête, je n'avais même pas envie de le lire, car, en général, les livres que je lis pour l'école sont d'un ennui mortel. Souvent, je ne les lis même pas au complet. Pourtant, avec celui-ci, c'est différent.

Avec L'orangeraie, on plonge en pleine guerre. L'auteur ne nous donne aucune précision quant au lieu, mais ce n'est pas nécessaire: on peut très bien s'imaginer le décor. C'est affreux d'être témoin de ce qui se passe là-bas. À mes yeux, le plus terrible est que plusieurs jeunes enfants sont au centre de toute cette haine. Et qu'ils soient forcés de participer à cette guerre, qu'ils soient forcés de se sacrifier au nom de leur pays.
Amed et Aziz sont deux jumeaux identiques vivant avec leurs parents. Tout pourrait être normal, si seulement ils étaient nés ailleurs. Par exemple, leur tante habite aux États-Unis et, elle, elle est en sécurité. Le parallèle avec les États-Unis est très bien exploité, car ça nous permet de voir que le contexte de notre environnement est tellement significatif sur la qualité de notre vie. 

L'intrigue de cette histoire tourne autour du choix déchirant que cette petite famille serait contrainte de faire. Un sacrifice qui aura d'éternelles répercussions sur leur avenir et sur eux-mêmes. Aucun enfant ne devrait être victime ni témoin de ce genre d'atrocités. C'est inhumain et je ne comprends pas comment certaines personnes peuvent encourager cette idée. 

« Écoute-moi, j'ai deux fils. L'un est la main, l'autre, le poing. L'un prend, l'autre donne. Un jour, c'est l'un, un jour, c'est l'autre. Je t'en supplie, ne me prends pas les deux. » 

Je ne peux parler de ce livre sans laisser une petite place pour les personnages. Amed et Aziz sont adorables et tellement innocents, quoique conscients en même temps. Ils sont naïfs de se laisser entraîner dans cette histoire, mais comment faire autrement avec un père qui veut à tout prix conserver la fierté de la famille ? La maman, Tamara, est une femme qui souffre terriblement des actions commis par les hommes qui l'entourent, mais elle est soumise, alors son pouvoir est moindre. Cependant, j'ai aimé qu'elle ose agir à quelques reprises. 

Bref, ce livre devrait être lu par tout le monde juste pour prendre conscience de la réalité des enfants kamikazes. C'est un petit livre qui ne prend que quelques heures à lire, alors laissez-vous tenter.

★★★★☆

lundi 23 novembre 2015

La série After (5 tomes) par Anna Todd

Aujourd'hui, l'article que je vais écrire est un peu différent. Le principe reste toutefois le même: je vous partage mon avis sur un livre. Par contre, comme je viens de terminer le dernier tome de la série After d'Anna Todd, je trouvais davantage pertinent d'écrire un article regroupant les cinq tomes plutôt qu'un seul pour chaque tome. N'ayez crainte, je ne spoilerai pas. J'espère que le concept vous plaira. Bonne lecture !

Les cinq tomes sont sortis au courant de l'année 2015 aux éditions de l'Homme (Québec). 

Tout d'abord, un petit résumé global est de mise pour ceux et celles qui ne connaissent pas cette série.
Ces livres suivent l'évolution du couple de Tessa et d'Hardin. Dans le premier tome, Tessa est nouvelle à l'Université et elle se retrouve à partager sa chambre avec une fille nommée Steph. Cette dernière fait parti du groupe d'amis d'Hardin et c'est ainsi que ces deux-là se rencontrent. Dès le début, il y a un petit soucis : Tessa ne se fond pas du tout dans le décor. Hardin et ses amis sont des fêtards, des drogués et Tessa est première de classe. On voit tout de suite que les deux ensemble, ça fait bizarre. Pourtant, on s'attache aux deux personnages et on souhaite qu'ils deviennent un couple.
Évidemment, les choses sont loin de se passer comme prévu et c'est un euphémisme que de parler ainsi. Ça dégénère rapidement et malheureusement, à chaque fois que le soleil se pointe, l'orage n'attend jamais bien longtemps avant de refaire surface et c'est ainsi pour tous les autres tomes...



Durant les cinq tomes, de nombreux personnages entrent et sortent de la vie de Tessa et d'Hardin. Landon est un personnage important, il devient très proche du jeune couple. Je l'ai adoré durant les quatre tomes et demi, car vers la fin du cinquième, il m'a un peu déçu... Les familles respectives des deux personnages principaux ont aussi une grande place dans les romans. La mère de Tessa est une vraie chipie, mais on finit par comprendre la raison derrière ses agissements. La famille d'Hardin est une perle. Ils sont tous unis et se supportent mutuellement. Pourtant, à cause de son enfance désastreuse, Hardin éprouve une grande difficulté à se sentir connecté à cette famille. Toutefois, cette situation évolue grandement avec le temps. Tous les personnages, pratiquement sans aucune exception, ont été victime de l'amour entre Hardin et Tessa. Cet amour passionnel a détruit bien des amitiés. À bien y penser, c'est tragique. Cependant, je ne pense pas que les choses auraient pu se passer autrement. 


Comment parler de cette série sans élaborer sur l'évolution d'Hardin ? J'y pense encore et j'ai toujours l'impression que je n'arriverai pas à trouver les bons mots. Au tout début, on fait la rencontre d'un homme froid au coeur de pierre qui ne pense qu'à coucher avec des filles et à boire. On ne le constate pas tout de suite, mais l'arrivée de Tessa chamboule complètement sa petite vie. Pour cette petite blonde, il est prêt à tout. Cependant, Hardin n'a jamais reçu d'amour, alors il ne sait pas non plus comment faire pour en donner. Il passe son temps à faire des conneries et à décevoir Tessa. J'avais envie de le secouer et de lui dire de s'ouvrir les yeux, mais je pense que même ça, c'aurait été inutile. Hardin est un personnage totalement à part. C'est la première fois que je découvrais un personnage aussi intense et fou, et que je l'appréciais autant. Le dernier tome est clairement le meilleur pour voir son évolution. Il réalise enfin les conséquences de ses bêtises et cette fois-ci, il change pour sa chérie. Je ne veux pas élaborer davantage, mais je suis tellement fière du chemin qu'il a parcouru.  Ça été beau à voir, malgré tout. 


Un autre point que je trouve important d'aborder est la forte présence de scènes érotiques. Je ne sais pas si c'est le bon terme à utiliser, mais en gros: ils couchent toujours ensemble. Et ils le font partout ! Pour moi, ce sont les premiers livres "érotiques" que je lis. Au début, j'étais un peu inconfortable, mais plus ça avance, plus ces passages sont beaux et plus on comprend l'amour qu'ils éprouvent l'un pour l'autre. Ils s'aiment à un point tel que c'en est déroutant. De plus, Hardin est un vrai pervers au lit et il en connait large en matière de sexe, tout le contraire de Tessa. Il est la première fois de Tessa, mais, dans un sens, Tessa est aussi sa première fois, car il n'a jamais fait l'amour à une fille pour qui il avait des sentiments. Je le redis: Tessa change de A à Z la vie du jeune délinquant. Un autre point important est que l'auteur parle de choses réelles qui arrivent dans la vraie vie: les vergetures, faire l'amour en ayant ses règles, la confiance en soi... Anna Todd permet à ses lectrices de réaliser que certaines choses, qu'elles soient agréables ou non, sont tout simplement normales. Je lui lève mon chapeau.


Je parlais plus tôt de l'évolution d'Hardin, mais Tessa change elle aussi. À force de toujours pardonner son amoureux, de toujours lui laisser des secondes chances, elle finit par se briser à l'intérieur. Si on compare la jeune fille du premier tome à celle du dernier, on se demande presque si c'est toujours la même. La petite fille qui avait des rêves de mariages, d'enfants et d'emploi stable se retrouvent seule, sans réel but et le coeur brisé à plusieurs reprises. J'ose me dire qu'elle a choisi sa vie même si elle n'a pas du tout été comme elle l'aurait souhaité.
Avant de m'arrêter, je veux dire quelques mots à propos de la fin. Durant le cinquième tome, je ne savais pas du tout comment toute cette histoire allait finir, mais quand on y pense bien: ça ne peut finir autrement. C'était inévitable.
Je ne vous en dis pas plus, à vous de découvrir cette série fabuleuse qui a probablement été ma plus belle découverte de l'année 2015. 



Pardonnez-moi si l'article vous semble interminable; j'étais certaine que j'allais manquer de contenu et pourtant, j'aurais eu encore plusieurs choses à écrire. J'invite tout le monde à embarquer dans l'histoire de Tessa et d'Hardin. Elle est féroce, mais tendre à la fois. Bref, n'hésitez pas à venir en discuter avec moi, ça me ferait grandement plaisir ! 


Note générale pour la série: ★★★★☆