jeudi 28 avril 2016

Déménagement !

Je suis très heureuse, aujourd'hui, de vous annoncer que ce blogue-ci ne sera plus actif! La raison est simple, j'ai décidé d'acheter mon propre domaine. Le voici: www.petit-ecureuil-livresque.com ! Maintenant, l'aventure se poursuit là! J'espère tous pour retrouver là-bas. 

lundi 18 avril 2016

Journal d'un vampire en pyjama de Mathias Malzieu

Résumé

« Ce livre est le vaisseau spécial que j'ai dû me confectionner pour survivre à ma propre guerre des étoiles. Panne sèche de moelle osseuse. Bug biologique, risque de crash imminent.
Quand la réalité dépasse la (science-)fiction, cela donne des rencontres fantastiques, des déceptions intersidérales et des révélations éblouissantes. Une histoire d'amour aussi.
Ce journal est un duel de western avec moi-même où je n'ai rien eu à inventer. Si ce n'est le moyen de plonger en apnée dans les profondeurs de mon coeur. »




Publié aux éditions Albin Michel en 2016
225 pages




Ce que j'en pense

Pour mon anniversaire, mon copain m'a offert ce livre en cadeau. Dès que je l'ai eu entre les mains, je n'ai pas pu m'empêcher de le commencer. Comme j'avais hâte de retrouver la plume de Mathias Malzieu !

Journal d'un vampire en pyjama est une autobiographie qui raconte l'histoire de l'auteur de novembre 2013 à décembre 2014. Durant cette année, Mathias Malzieu fait face à une grave maladie. Je ne saurais vous dire le nom exact de sa maladie, car il emploie beaucoup de termes médicaux qui me sont complètement inconnus. En gros, ses anticorps, au lieu de le défendre, commencent à l'attaquer comme s'il était un virus. « - Je m'explique : vous n'avez pas de cellules malignes, ce sont vos propres anticorps qui se retournent contre vous et attaquent vos cellules... Ils se comportent avec votre moelle osseuse comme avec un virus, on ne sait pas vraiment pourquoi. » Il est donc forcé de subir plusieurs traitements, plusieurs transfusions afin de rester en vie. Mathias Malzieu croit alors devenir un vampire, car comme eux, il se nourrit du sang des autres d'où le titre de son roman. Cela ajoute une touche d'humour à un univers très sombre.

Bien entendu, vous comprendrez qu'il n'y a pas de réel intrigue à ce roman, car on sait bien que Mathias Malzieu est encore en vie aujourd'hui. Toutefois, il y a un certain suspense à savoir à quel point sa maladie va s'aggraver ou s'améliorer. On demeure sans arrêt sur le qui-vive, car sa maladie est très imprévisible. Ce qui est touchant dans cette histoire, c'est que l'écrivain se livre totalement à ses lecteurs. Il n'a pas peur d'avouer à quel point il était faible, à quel point il souffrait. C'est beau à lire, malgré toute la souffrance qui en découle.

« Ma seule possibilité de résister, c'est d'écrire. L'urgence fait pousser des graines de livres en moi. Je les arrose toutes et m'applique à penser que je vais trouver mon haricot magique pour crever le plafond de l'hôpital. »

Ce que j'ai le plus aimé dans ce roman, c'est de voir à quel point l'auteur déborde d'imagination. À lire ses livres, on s'en rend bien compte, mais son quotidien est lui aussi digne d'un roman. Il invente sans arrêt des mots pour décrire son amoureuse, son appartement. Le plus impressionnant est le jeu de mot qu'il fait avec « l'épée de damoclès » : il crée un personnage que lui seul voit appelé Dame Oclès. Cette femme se tient toujours à ses côtés, prête à l'emporter vers la mort avec elle à tout moment. Honnêtement, son écriture est tellement imagée que je me demande comment c'est possible de penser à tout ça.

Malgré mon amour inconditionnel pour cet auteur, son dernier livre ne m'a pas charmée autant que je l'espérais. Certes, j'ai passé un excellent moment à lire ce livre, mais il manquait un petit quelque chose, une petite étincelle. Je pense que je préfère lorsque Mathias Malzieu s'éloigne davantage de la réalité, qu'il crée un monde fantastique exceptionnel.

« Le problème est que je donne beaucoup plus que ce que j'ai. Je suis le plus con des dragons. Celui qui crache des étincelles et se crame les ailes avec. »

Si ce roman vous intéresse, je vous conseille d'au moins lire La Mécanique du coeur avant ce livre-ci, car l'auteur en fait allusion à de nombreuses reprises. Il fait aussi allusion à ses autres livres, mais un peu moins. Je pense qu'il est plus agréable de lire Journal d'un vampire en pyjama si les autres œuvres de Mathias Malzieu vous sont familiers. 

Bref, je suis heureuse d'avoir lu ce livre simplement parce que Mathias Malzieu en est l'auteur. Sa plume est certainement parmi mes favorites et je pourrais passer mes journées à ne lire que ses livres. C'est un auteur qui vaut la peine d'être lu !

★★★☆☆

lundi 11 avril 2016

La page blanche de Pénélope Bagieu et Boulet

Résumé

« Tout va bien se passer... J'ai une adresse, des tickets de métro, un plan de Paris... D'ici une minute, tout va me revenir. »
Sur un banc, dans Paris, une jeune femme reprend ses esprits. 
Elle ne se souvient ni de son nom, de ce qui l'a amenée là. Son passé a disparu...

Avec humour et sensibilité, Pénélope Baigeu et Boulet racontent sa quête d'identité. 

Publié en 2012 aux Éditions Delcourt
200 pages








Ce que j'en pense

Lorsque j'étais plus jeune, j'avais fortement accroché sur Pénélope Bagieu et ses dessins. Je me souviens de ces soirées où je passais mon temps à regarder son travail sur son blogue. Je suis fan depuis longtemps, mais je n'avais jamais acheter aucun de ses romans graphiques. Alors, quand j'ai vu celui-ci, je n'avais pas d'autres choix que de le prendre. 

La page blanche commence lorsque la protagoniste se retrouve assise sur un banc en ayant aucune idée de ce qu'elle fait là et même qui elle est. S'enclenche alors une poursuite de soi-même pour découvrir ce qui lui est arrivé et surtout pour savoir qui elle est réellement.

C'est une histoire très intéressante, cette quête de soi-même. Si on se réveillait un matin et qu'on avait tout oublié de notre vie, est-ce qu'on serait satisfait de nos relations, de notre travail, etc. ? C'est cette idée qui est exploité dans ce roman graphique. Au fur et à mesure que Éloïse en apprend sur sa vie, elle réalise que les personnes qu'elle croit être ses amis ne le sont pas du tout, en fait. Que sa vie, c'est un mélange de faire-semblant et de déceptions. Heureusement, elle compte remédier à la situation.

Je me suis attachée à cette jeune femme pour sa détermination et sa fidélité. Par fidélité, j'entends le fait d'être fidèle à soi-même, à ses désirs. Dans cette "deuxième" vie, Éloïse change beaucoup et elle ne souhaite plus faire des choses ou être avec des gens qu'elle n'aime pas. Elle est honnête sur ses envies et elle les respecte. J'ai beaucoup aimé la voir grandir à travers ce périple.

Si j'ai lu cette bande-dessinée, c'est simplement parce que l'auteur est Pénélope Bagieu. Et laissez-moi vous dire qu'elle ne m'a pas déçue: j'adore tout de ses dessins, absolument tout. C'est vraiment mon genre de bande-dessinée et j'ai très hâte de découvrir ses autres œuvres.

Bref, cette chronique est assez courte, mais je ne souhaitais pas m'étendre davantage. J'ai passé un excellent moment en compagnie d’Éloïse et j'ai pris un grand plaisir à la voir se tromper, réussir, puis se tromper de nouveau. C'est une petite histoire simple, mais elle véhicule un message important.  

★★★★☆

lundi 4 avril 2016

À la Croisée des Mondes T1: Les Royaumes du Nord de Philip Pullman

Résumé


Pourquoi la jeune Lyra, élevée dans l'atmosphère confinée du prestigieux Jordan College, est-elle l'objet de tant d'attentions ? Lorsque son meilleur ami disparaît, elle se lance sur ses traces. Un périlleux voyage vers le Grand Nord, qui lui révélera ses extraordinaires pouvoirs et la conduira à la frontière d'un autre monde.



Publié en 1998 chez Gallimard Jeunesse
496 pages








Ce que j'en pense

Je ne sais pas ce qui a fait que j'ai eu envie de lire ce livre. Je n'en avais que très peu entendu parler, mais je savais que la trilogie était assez appréciée. Un soir, je suis allée à la librairie et je suis ressortie avec ce livre. Quelques jours plus tard, je n'avais qu'une envie et c'était de le lire. Alors c'est ce que j'ai fait.

Les Royaumes du Nord raconte l'histoire d'une petite fille, Lyra, qui se retrouve mêlée à une histoire assez spéciale de disparition d'enfants où elle a un très grand rôle à jouer. Dès le début, à travers tous ces Érudits, ces Maîtres, ces hommes et femmes importants et même à travers ses camarades, on sent que Lyra n'est pas comme les autres: elle a un je-ne-sais-quoi qui fait qu'elle se démarque, qu'elle brille plus fort que la majorité des autres étoiles. Aidée de son daemon Pantalaimon et de personnages tout aussi charmants qu'elle, elle partira à la conquête du Nord pour comprendre le mystère autour de ces enfants qui disparaissent et de cette Poussière qui semble si précieuse et vitale. 

Ce roman qui fait près de 500 pages m'a charmée de la première phrase jusqu'à la dernière. Et ça m'a pris par surprise, car je lis très peu de livres jeunesse fantastiques. Je n'ai jamais été particulièrement attirée par ces histoires imaginaires. Pourtant, Les Royaumes du Nord m'a tenu en haleine jusqu'à la fin. Pour passer une belle journée, j'avais besoin de ma dose de Lyra et de Pantalaimon. Leur périple dans le Grand Nord est dur, froid et tellement compliqué qu'on ne peut que vouloir continuer à lire pour découvrir ce qui va se passer. 

Les personnages, parlons-en ! Tout d'abord, Lyra, quelle petite fille admirable et persévérante. Elle n'a aucune idée de ce qui l'attend et pourtant, elle fonce à chaque fois. Elle risque sa vie à plusieurs reprises pour sauver ses amis et c'est beau à voir. Ce qui est intéressant, ce qu'elle grandit à travers cette histoire. Elle fait plusieurs découvertes qui la changent en tant qu'individu. Pantalaimon est son fidèle compagnon, son daemon. Les daemons sont des animaux qui peuvent changer d'apparence et qui sont reliés aux humains. De fait, chaque humain a son daemon personnel. Ces deux êtres sont si liés que s'ils venaient à être séparés, la douleur serait telle qu'ils en mourraient. C'est pourquoi la relation entre Lyra et Pantalaimon est si belle: ils ont besoin de l'un et de l'autre pour vivre. J'aurais tant aimé que ce soit comme ça dans la vraie vie, j'aurais adoré avoir mon petit animal qui me suit partout. 

« Lyra était partagée entre la colère et le désespoir. Pantalaimon enfonça ses griffes de blaireau dans la terre et continua d'avancer. C'était un sentiment si étrange quand votre daemon tirait sur le lien invisible qui l'unissait à vous; un mélange de douleur intense dans la poitrine, de chagrin profond, et d'amour. Et Lyra savait que c'était la même chose pour Pantalaimon. Tous les enfants s'amusaient à faire cette expérience en grandissant: voir jusqu'où leur daemon et eux pouvaient se séparer, pour finalement se rejoindre, avec un immense soulagement. »

Un autre personnage que j'ai adoré est Iorek, l'ours sur la couverture. Il est le grand protecteur de Lyra et avec lui, elle ne craint rien. Sinon, les autres personnages, des gitans, des sorcières, des animaux, tout ceux qui viennent en aide à la protagoniste sont tous charmants, adorables et tellement déterminés. Ils le voient bien que cette petite fille est spéciale et qu'il faut à tout prix la sauver des mains des méchants. À leurs façons, ils vont tous l'aider à atteindre son but.

Ce qu'il y a de fascinant avec l'écriture de Philip Pullman, c'est qu'elle s'adapte à tous les âges. Un adulte comme un enfant pourrait lire ce livre et l'apprécier tout autant. Je pense que, dans les romans jeunesse, quand un écrivain arrive à faire ça, c'est qu'il a vraiment bien écrit et qu'il ne s'est pas adressé à ses lecteurs principaux comme s'ils étaient des bébés. C'est remarquable !

Bref, je pense que ma chronique vous donne une belle idée de l'ampleur de cette histoire. Si ce n'est pas un coup de coeur, c'est simplement parce qu'il manquait cette petite étincelle, celle qui change tout et qui nous marque profondément. C'est un peu dur à expliquer, mais ceux qui savent de quoi je parle comprendront. Sur ce, il me tarde de lire ce deuxième tome que je compte me procurer le plus rapidement possible !

★★★★☆

vendredi 1 avril 2016

(Bilan) Mars 2016

Plus le temps avance, plus je réalise à quel point j'aime faire des bilans du mois. Ça me permet de faire un retour sur mes lectures, mais aussi sur les bons et les moins bons moments du mois. C'est parti !

Côté lectures, j'ai eu 1 excellente lecture, 2 bonnes lectures et 1 moins bonne. Et puis, Paulette m'a totalement charmée avec ses personnages plus qu'adorables et son histoire de solidarité. Coeur Cerise est une belle histoire jeunesse qui fait toujours du bien à lire, mais qui ne me change pas en tant qu'individu. J'aurais aimé qu'Orgueil et Préjugés se rapproche du coup de coeur, mais malheureusement, ce n'est pas le cas: il frôle la déception. J'avais beaucoup trop d'attende envers Darcy. Finalement, Elle et lui est une histoire touchante sur l'amitié qui redonne espoir. 
Pour ce mois de mars, je suis contente de mes lectures, même si l'une d'elles est presque une déception.

Pour ce qui est de moi, plus personnellement, j'ai appris que Mumford & Sons (mon groupe préféré) venait faire un spectacle tout près de chez moi. J'ai acheté mon billet avec une amie et je suis troptroptrop excitée à l'idée d'enfin les voir en vrai ! Du coup, j'ai acheté leur nouvel album (que j'avais un peu décidé de renier...) et wow, je regrette de ne pas l'avoir écouté avant. 
Pas plus longtemps qu'hier, je me suis achetée une pochette pour Ipad que j'utilise pour trimbaler ma lecture en cours. Elle est noire avec des hiboux et je l'aime trop. C'est pratique pour protéger mes livres.



Bref, j'ai passé un assez bon mois sous tous les aspects. J'espère que vous aussi. Je suis contente d'enfin être en avril, car c'est mon anniversaire et celle de mon copain et parce que c'est le dernier mois complet d'école ! 

Le bilan numérique:
Quatre livres pour 1379 pages


En avril, je vous souhaite de belles lectures
et la disparition de la neige. 



mercredi 30 mars 2016

Elle et lui de Marc Levy

Résumé

Un site de rencontres les a réunis.
Ils ne sont pas devenus amants, mais amis.
Et ils comptent bien en rester là...

Elle est actrice. Lui écrivain.
Elle s'appelle Mia. Lui Paul.
Elle se cache à Montmartre. Lui vit dans le Marais.
Elle a beaucoup de succès. Lui pas vraiment.
Elle est même une star. Mais lui ne le sait pas.
Elle se sent seule. Lui aussi.
Il la fait rire. Elle enchaîne les maladresses.
Elle ne doit pas tomber amoureuse. Lui non plus.


Publié en 2015 aux éditions Robert Laffont
386 pages




Ce que j'en pense

Pour finir le mois de mars et atteindre mon objectif de 4 livres lus par mois, je me devais de trouver un livre simple et facile à lire. Quand mes yeux se sont posés sur ce livre, je me suis dit que c'était le moment idéal, sinon je ne le lirais jamais. 

Elle et lui raconte l'histoire d'une actrice, Mia, et d'un écrivain, Paul. Mia a besoin de changer de vie: elle n'aime plus son mari et elle souhaite s'éloigner de lui le plus rapidement possible. Elle part donc en voyage à Paris pour retrouver son ami d'enfance, Daisy. Paul, tant qu'à lui, est un écrivain qui a un succès fou en Corée, mais aucun renom en France. Il s'est aussi entiché de sa traductrice coréenne avec qui il partage une drôle de relation à distance. Originaire de San Francisco, il est venu s'installer en France pour s'éloigner de tout le monde et se ressourcer. Ces deux personnages sont habités d'une grande tristesse qui tenteront de guérir du mieux qu'ils le peuvent.

« - Pleure tout ton saoul, pleure si ça t'apaise. Les chagrins d'amour font un mal de chien, mais le vrai malheur, c'est quand la vie est un désert. »

Ce qui est intéressant, avec ce livre, c'est qu'il reprend les personnages de Et si c'était vrai, le premier roman de Marc Levy: Arthur, Lauren et Paul. Les deux premiers ne sont pas très présents dans l'histoire, mais ils ont une place importante dans le coeur de Paul et ça se ressent. Ce n'est pas nécessaire d'avoir lu Et si c'était vrai pour comprendre ce livre-ci, mais certains allusions ne peuvent être comprises que si on a lu le premier livre de Marc Levy. J'ai bien aimé les retrouver, c'est certain.

Paul et Mia se rencontrent d'une drôle de façon grâce à un site de rencontre. Dès les premiers instants, une forte connexion s'établit entre eux. Toutefois, c'est très clair: ils ne peuvent être qu'amis. Du coup, ce livre, c'est une grande histoire d'amitié. Autant entre Paul et Mia, qu'entre Mia et Daisy et même qu'entre Paul, Lauren et Arthur. Je pense que c'est un des points forts de Marc Levy: avant même de créer des histoires d'amour passionnantes, il crée des personnages qui partagent une amitié indestructible. À chaque fois, j'accroche. Les deux protagonistes passeront d'agréables moments ensemble et rapidement, ils n'arriveront plus à se passer l'un de l'autre. Cependant, vous vous doutez bien que tout n'est pas rose et que le destin joue parfois de drôles de tours. 

J'ai beaucoup aimé Paul et Mia, quoique j'aie eu un penchant pour Paul. Il est sensible, drôle et fidèle à ses convictions. Il m'a touché et il m'a fait rire. Mia, elle, m'a un peu déçue avec son désir de vouloir à tout prix cacher le fait qu'elle est actrice. Ce n'est, certes, pas un gros mensonge, mais tout de même... Ça m'a chicoté. 

« - Quand vous aimez un homme, vous ne le lui dites pas ?
- Pas forcément.
- Qu'est-ce qui vous en empêche ?
- La peur, répondit Mia.
- La peur de quoi ?
- La peur de faire peur.
- Qu'est-ce que c'est compliqué tout ça ! Alors que faut-il faire, dire ou ne pas dire, quand on aime quelqu'un.
- Il faut attendre un peu.
- Attendre quoi, qu'il soit trop tard ?
- Qu'il ne soit pas trop tôt. »

L'écriture de Marc Levy est facile à lire et bien vite, on arrive à la fin du roman sans s'en rendre compte. Il mélange bien les dialogues et les descriptions: je ne sentais pas que certains éléments étaient superflus à la compréhension de l'histoire. 

Bref, à chaque fois, Marc Levy me fait passer un bon moment. Ce n'est plus un auteur que je lis aussi souvent qu'avant, mais je prends toujours un petit plaisir à (re)découvrir ses livres.

★★★☆☆

mardi 29 mars 2016

Orgueil et Préjugés de Jane Austen

Résumé

À Longbourn, dans le Hertfordshire, Mrs Bennet, femme de pasteur, est déterminée à marier ses cinq filles afin d'assurer leur avenir.
Lorsqu'un riche jeune homme loue le domaine voisin de Netherfield, elle espère vivement qu'une de ses filles saura lui plaire et met tout en oeuvre pour arriver à ses fins.
Elizabeth observe avec ironie les manigances de sa mère. Si elle apprécie le charmant Mr Bingley, elle est tout d'abord irritée par le comportement dédaigneux de son ami, le fier Mr Darcy.
Au-delà des aventures sentimentales des cinq filles Bennet, Jane Austen offre une satire des conventions de la bonne société à la fin du XVIIè siècle.





Ce que j'en pense

Ce livre, je dirais qu'il me hante depuis qu'il a trouvé refuge dans ma bibliothèque. Plutôt, le fait que je ne le lise pas me hante depuis des années. Je veux dire... Orgueil et Préjugés. Juste ces trois mots. On ne peut se dire passionné de littérature si on ne l'a pas lu, non ? Enfin, je ne veux pas embarquer dans ce débat, mais tout de même. Je crois fortement qu'on doit lire ce livre, qu'on en ait envie ou non. Juste parce que c'est Orgueil et Préjugés. 

« À ceux qui ne changent jamais d'opinion, il incombe particulièrement de bien juger du premier coup. »

Ce livre raconte l'histoire de la famille Bennet, ou plutôt de ses cinq filles. La mère, Mrs Bennet, veut à tout prix marier ses filles et bien sûr, elle cherche à les marier aux hommes les plus fortunés. Mr Bingley arrive dans le décor et Jane, l'aînée des soeurs, s'éprend rapidement de ce jeune homme. Toutefois, il semble bien que les soeurs Bennet aient une malédiction qui plane sur elles, car les choses ne se passent pas vraiment comme prévu et le malheur réside dans leur demeure un peu trop souvent...

Avant de lire ce roman, j'avais grandement entendu parler d'Élizabeth et de Mr Darcy. Et, naïvement peut-être, je croyais qu'Orgueil et Préjugés était leur rencontre, leur histoire d'amour. Et bien, je me suis plantée, mais pas juste un peu. Certes, Elizabeth demeure le personnage principal du roman : l'histoire est souvent racontée sous son point de vue. Toutefois, Mr Darcy... comment d'apparition fait-il ? Sept, huit, peut-être ? Pas assez à mon goût, ça c'est sûr ! Je comprends qu'à cette époque, ce n'était pas facile d'entretenir des relations à cause de la distance et du manque de moyen de transport, mais j'ai beaucoup de mal avec cette idée qu'on peut aimer quelqu'un sans le connaître. Malgré tout, j'ai adoré suivre l'avancement de la relation entre Elizabeth et Darcy. Et, bien sûr, j'ai eu le coup de foudre total pour Darcy. Son orgueil, sa fierté, sa froideur, tous ses défauts se transformaient en qualité à mes yeux. C'est un homme avec un fort caractère qui n'a peur de rien pour arriver à ses fins. Puis, que dire d'Elizabeth ? C'est une femme têtue, admirable et déterminée. J'ai adoré apprendre à la connaître et cheminer avec elle. 

Ainsi, si le livre ne parle pas d'Elizabeth et de Darcy, de quoi parle-t-il ? En fait, l'histoire entre Mr Bingley et Jane est très importante. Elle est un peu le point central, car c'est grâce à Mr Bingley que Darcy et Elizabeth se rencontrent. Les trois autres soeurs sont un peu mises en arrière-plan, mais à un moment, Lydia prend de l'importance et franchement, elle m'a agacée au plus haut point. La mère, Mrs Bennet, est assez énervante aussi, mais on peut comprendre ses désirs si on se met à sa place. Le père, tant qu'à lui, m'a charmée juste pour sa relation avec sa fille, Elizabeth. Il se préoccupe beaucoup d'elle et c'est beau à voir. 

« - Il y a, je crois, en chacun de nous un défaut naturel que la meilleure éducation ne peut arriver à faire disparaître. 
- Le vôtre est une tendance à mépriser vos semblables.
- Et le vôtre, répliqua-t-il avec un sourire, est de prendre une malin plaisir à défigurer leur pensée. »

En fait, l'histoire d'Orgueil et Préjugés en elle-même n'est pas exceptionnelle. C'est surtout ses personnages qui font son essence. Et puis, certains sont aimables, alors que d'autres sont détestables. Ça permet un certain équilibre. 

L'écriture de Jane Austen est belle et facile à lire malgré que le livre soit un classique. Je n'ai pas été émue par ses mots, mais je sais reconnaître une belle plume quand j'en lis une. Alors ne vous bloquez pas au fait que ce soit un classique, l'écriture est accessible pour tous.

Bref, si je peux vous donner un conseil, ne vous attendez pas à une histoire d'amour à tomber par terre en lisant Orgueil et Préjugés. Ce livre est, certes, une romance, mais il n'y a pas de grande histoire d'amour. Enfin, à mes yeux. Toutefois, lisez ce roman. Lisez-le parce que c'est un roman révolutionnaire pour la femme, lisez-le parce que c'est Jane Austen, mais lisez-le surtout parce que ce livre mérite d'être lu. Tout simplement.

Pour terminer, je remercie Sandrine avec qui j'ai fait cette lecture commune ! J'ai bien aimé discuter avec toi des avancements de notre lecture. On le refait une prochaine fois, c'est certain. 

★★★☆☆

lundi 14 mars 2016

Et puis, Paulette... de Barbara Constantine

Résumé

Ferdinand vit seul dans sa ferme. Et ça ne le rend pas franchement joyeux. Un jour, il passe chez Marceline, sa voisine, et découvre que son toit est sur le point de s'effondrer. Très naturellement, ses petits-fils, les Lulus, lui suggèrent de l'inviter à la ferme. L'idée le fait sourire. Mais ce n'est pas si simple, certaines choses se font, d'autres pas... Il finit tout de même par aller la chercher.
De fil en aiguille, la ferme va se remplir, s'agiter, recommencer à fonctionner. Un ami d'enfance devenu veuf, deux très vieilles dames affolées, des étudiants un peu paumés, un amour naissant, des animaux... Et puis, Paulette...

Publié aux éditions Calmann-Lévy en 2012
272 pages


Ce que j'en pense

J'ai acheté ce roman il n'y a pas si longtemps, car le résumé m'avait bien accroché. Comme j'avais envie d'une histoire légère et rapide à lire, je l'ai sorti de ma PAL.

Et puis, Paulette met en scène une panoplie de personnages. Celui qui met tout sur pied est Ferdinand, un grand-père tout à fait adorable. Veuf depuis quelques années, il se sent très seul chez lui. Sur un coup de tête -quoique bien réfléchi-, il décide de demander à Marceline, sa voisine, d'emménager avec elle. Accompagnée de ses animaux -un chat, une chienne et un âne-, elle accepte. Et puis après, il y a Guy, et les soeurs Lumières, etc, etc, etc: les nouveaux arrivants ne cessent plus d'affluer. Tous ensemble, avec leurs maux, ils remueront ciel et terre afin que tout le monde soit heureux et en santé. 

« - Vous savez, c'est important aussi de se rappeler, de temps à autre, qu'il y a plus malheureux que soi. Ça remet bien les pieds sur terre. Ou les pendules à l'heure, si vous préférez. On en a besoin, quelquefois, vous ne croyez pas ? 
Elle a l'air d'être ailleurs. Il cherche un truc marrant.
- Vu que personne n'est jamais revenu pour dire si c'était mieux là-bas, ça ne vaut peut-être pas la peine de prendre les devants, hein, madame Marceline ? Il est urgent d'attendre, quoi. »

Comment puis-je vous faire comprendre à quel point ce livre fait du bien ?  Ces personnes de la ferme, ils se guérissent entre eux. Si un des leurs est souffrant, ils vont tout faire pour soulager ses douleurs. Comme ils sont plusieurs, chacun excelle dans un domaine. Cela rend donc la cohabitation bien plus facile. De plus, ils ne se connaissent pas tous et pourtant, ils s'aiment tous. À un moment, deux jeunes se joignent au groupe qui, à la base, n'est fait que de personnes âgées et, croyez-moi, j'aurais tant donné pour habiter là, moi aussi. Habiter à la ferme rend l'existence de tout le monde plus facile et c'est si beau, si touchant à voir.

Si je n'avais qu'à choisir que quelques-uns de mes personnages préférés de ce roman, j'aurais du mal. Ils ont tous leurs forces et leurs faiblesses qui les rendent uniques et attachants. Toutefois, j'ai eu un énorme faible pour les deux petits enfants: Ludo et P'tit Lu. Je les adore ! Ils sèment la joie de vivre partout où ils passent, ils sont exceptionnels. Leur naïveté et leur innocence sont si belles à voir. Avec eux, il semble que Ferdinand, leur grand-papa, rajeunisse. En parlant de lui, je pense qu'il fait aussi parti de mes préférés. Juste parce que, grâce à lui, tout le monde peut se rassembler à la ferme. À la base, c'est son idée puisque c'est sa ferme. Il fait tout pour rendre les autres heureux, il donne tout ce qu'il peut et franchement, c'est remarquable. Pour conclure mon top 3, j'ajouterais Marceline ou Guy. Je n'arrive pas à me décider... Marceline, l'artiste au passé obscure et Guy, l'insomniaque solitaire... Ils ont tous les deux leurs places dans mon coeur. 
Et puis, et puis... je ne peux pas ne pas parler des animaux. Cornélius, l'âne ! Je suis épatée que quelqu'un ait réussi à créer un animal si attachant, si spécial, si drôle ! Malgré sa tête de mule -le jeu de mots !- je l'aurais adopté sur le champ, n'importe quand.

Et puis, Paulette, qui est-il ? C'est un mystère qu'on ne découvre qu'à la fin. Et ça vaut la peine. C'est une vraie surprise qui amène tant de bonheur à la ferme. Je ne m'y attendais pas du tout, mais je suis bien contente.

« - Ça vous plairait de faire le voyage en charrette ?
Ils aimeraient drôlement. Elle s’approche de l’âne.
- Très cher Cornélius. Serais-tu d’accord pour accompagner ces jeunes gens chez leur grand-père ?
P’tit Lu et Ludo rigolent, gênés. Marceline leur chuchote Ce n’est pas sûr qu’il accepte, vous savez. Elle fouille dans sa poche, leur glisse à chacun un bout de carotte. Ils tendent les mains. L’âne prend les morceaux très délicatement, les croque en secouant la tête.
- Ah ! Je suis contente que tu dises oui. Merci, Cornélius chéri.
Les enfants se regardent, bluffés. Ils ne savaient pas que les ânes comprenaient aussi bien tous les mots. »

Pour ce qui est de l'écriture de Barbara Constantine, je suis en totale admiration. Mélangée la narration et les dialogues de la sorte, ça me conquis complètement. Et puis, son écriture représente bien les personnages, on peut très bien les imaginer avoir ces pensées-là, ces rêves-là... 

Bref, Et puis, Paulette, dans la même lignée que Ensemble, c'est tout de Anna Gavalda relate une histoire de solidarité entre un groupe de personnes qui se maintient en vie grâce à leurs efforts et leur amour. Ce livre n'est pas un coup de coeur pour moi, mais ça a passé tout près. Cette histoire fait du bien à lire, elle réconforte, alors faites-vous du bien et lisez-là !

★★★★☆

mercredi 9 mars 2016

Les filles au chocolat T1: Coeur cerise de Cathy Cassidy

Résumé

Je m'appelle: Cherry Costello
Mon âge: 13 ans
Je suis: secrète, débordante d'imagination
Mon style: jeans skinny, tee-shirts à motifs japonais
J'aime: les fleurs de cerisier, les roulottes à gitans
Je rêve: d'être acceptée par mes quatre nouvelles demi-soeurs

Mon problème: je suis amoureuse du petit-ami de ma demi-soeur...


Publié en 2014 aux éditions Pocket Jeunesse
247 pages



Ce que j'en pense

Nous sommes le 9 mars et ce n'est que ma première lecture. Ça m'inquiète un peu, mais je vais tout faire pour me rattraper. Passons.

J'ai ce livre dans ma bibliothèque depuis moins d'un an, mais ça fait très longtemps que je veux le lire. Quand je l'ai acheté, j'ai lu quelques pages et puis je l'ai laissé de côté. Pourquoi ? Je ne sais pas, car c'est pourtant une histoire qui se lit très rapidement. Ce n'était peut-être juste pas le bon moment.

Coeur cerise raconte l'histoire de Cherry, une jeune fille qui emménage chez sa belle-mère avec son père. Grosse surprise: elle a 4 demi-soeurs. Très tôt, Cherry a peur de ne pas être à la hauteur et de ne pas être appréciée. Elle vivra de grosses émotions à la Tanglewood House avec les soeurs Tanberry, mais elle arriverait à s'en sortir.

Dans ce tome 1, le personnage principal est Cherry Costello, une jeune fille de 13 ans. Cherry est une fille débordante d'imagination qui ne cesse de confondre ses rêves avec la réalité. Aux premiers abords, ça a un aspect adorable, mais à la longue... Cherry m'a franchement déçue. Ses demi-soeurs l'adorent comme elle est (à une exception près), mais elle ne cesse de leur raconter des mensonges sur sa vie d'avant. Elle n'avait aucun ami, mais elle leur dit qu'elle en avait des tonnes, qu'elle avait un copain... Ça m'a énervée au plus haut point. J'avais envie de la secouer et de lui dire que ça ne servait à rien, que les filles l'aiment comme elle l'est et qu'elle n'a pas besoin d'impressionner personne. Mais je ne pense pas qu'elle aurait compris. Elle a ce besoin en elle, ce besoin de toujours inventer, de créer. Le seul hic, c'est qu'elle ne l'utilise pas convenablement.

« Le passé est un truc dangereux. On peut le revivre à travers une histoire, le rendre plus doux, plus beau qu'il n'est vraiment... mais pendant la nuit, la vérité refait sournoisement surface, et on se réveille avec un goût amer dans la bouche. »

L'histoire de ce premier tome fait assez rêvé avec tous ces chocolats et ces beaux endroits. J'aurais bien aimé pouvoir y vivre et surtout, j'aurais adoré avoir la petite roulette de Cherry. C'aurait été un endroit parfait pour lire en paix.

Les personnages secondaires débordent tous de rêves. Et même si l'histoire n'est pas centrée sur eux, on embarque dans leurs histoires et on souhaite que tout aille pour le mieux. Honnêtement, toutes les filles, sauf Honey, sont adorables et j'aurais bien aimé être à la place de Cherry, malgré les nombreux problèmes qu'elle rencontre.

L'écriture de Cathy Cassidy m'a laissé de marbre. Ce n'est rien de spectaculaire, mais je me dis que, comme la narratrice à 13 ans, elle se doit de parler comme une jeune fille. Si on le voit de cette façon, c'est plutôt bien réussi.

Le seul point négatif que je peux retirer de cette lecture est que c'est vraiment une lecture jeunesse. Toutefois, les personnages semblent tous assez matures pour leur âge. Pour le côté jeunesse, il faut dire que c'est assez prévisible avec la quatrième de couverture et la jolie couverture. Toutefois, ce n'est pas quelque chose qui m'a déçue, puisque je savais à quoi m'attendre. Je pense que c'est une lecture qui est faite pour être lue vite, pour faire du bien et pour nous faire rêver.

Bref, malgré tout, je compte bien lire la suite de cette saga. Je sais qu'il y a quand même plusieurs tomes, mais j'y vais un jour à la fois ! Pour l'instant, j'aime bien et j'ai hâte de voir ce que les autres soeurs Tanberry me réserve !

★★★☆☆

Book Fangirling Award


Un peu plus tôt dans la journée, Noémie du blog L'ouvroir de Mie m'a taguée pour que je réponde à cinq questions. C'est avec plaisir que j'ai accepté: je me disais justement qu'il serait temps que je fasse un tag sur le blog.  

Par la suite, je devrai à mon tour écrire cinq questions (en rapport aux livres) et taguer d'autres personnes.

Voici les cinq questions:

1- Quel livre aimerais-tu voir adapté au cinéma ? 
Ça doit bien faire cinq minutes que je réfléchis à ma réponse et je ne sais vraiment pas. Si je me fie à mes dernières lectures, je dirais que j'aimerais bien voir la série After au cinéma, mais j'ai appris il y a quelques semaines qu'elle allait être adaptée au cinéma, alors ! Sinon, j'aimerais bien voir un livre de Claudie Gallay adapté au cinéma. Pour sentir la détresse des personnages, mais surtout pour voir les beaux paysages près de la mer. Je pense que je serais charmée ! 

2- Pour quel roman (one-shot) aimerais-tu lire une suite ?
Encore une fois, cette question m'a bien fait réfléchir. J'en suis venue à la conclusion que j'aimerais lire une suite pour deux romans, en particulier : L'Attrape-coeurs de J.D. Salinger et La cloche de détresse de Sylvia Plath. Si vous me connaissez bien, vous savez que ces deux livres sont mes livres préférés de tous les temps. J'aimerais une suite, car les deux personnages principaux vivent de graves problèmes et j'aimerais avoir confirmation qu'ils s'en sont sortis. Pour Sylvia Plath, on sait qu'elle s'est suicidée, mais je sais pas, j'aurais aimé qu'elle se guérisse à travers ses écrits et qu'elle continue à écrire. Pour ce qui est d'Holden, la fin arrive et on ne sait pas trop ce qu'il s'est passé... J'aimerais savoir qu'il va bien, qu'il prend toujours soin de sa soeur Phoebe et qu'il a trouvé sa place dans le monde. 

3- Quel roman as-tu lu et que tu n'as pas réussi à lâcher ?
Sans hésiter : La Vérité sur l'Affaire Harry Québert. Un gros pavé de 800 pages que j'ai lu en à peine 4-5 jours. J'étais accro, j'avais besoin de connaître la suite. C'est un des rares livres où j'étais à ce point captivée par l'histoire.

4- Quel(le) est ton(ta) blogueur(euse) préféré(e) ?
Comme blogueuse, je pense te l'avoir déjà dit, Noémie, que tu étais ma préférée. Sur Skyrock, j'allais toujours sur ton blogue pour voir tes nouvelles chroniques et je suis trop heureuse que tu soies de retour sur la blogosphère ! Il y a aussi Sandrine du blog Rubrique-Livresque avec qui j'adore discuter. J'aime aussi beaucoup Marine mieux connue sous le nom de "Tartinne aux pommes" et Margaud, mais je les suis davantage sur YouTube que sur leurs blogs. 

5- Comment vois-tu ta bibliothèque dans 30 ans ?
Le nombre de livres que j'ai m'importe peu. Le plus important pour moi est de lire les livres que j'ai acheté. Dans 30 ans, j'aimerais avoir une pièce réservée à mes livres dans ma maison avec un beau fauteuil et une grande fenêtre pour passer des heures à lire. De la sorte, je pourrai regrouper tous mes livres ensemble, car pour l'instant, ils sont éparpillés n'importe où et ça me tracasse, car j'ai peur d'en perdre certains.

Voici mes cinq questions :
1- Dans tous les livres que tu as lus, à quel personnage t'associes-tu le plus? Pourquoi?
2- Aimes-tu prévoir toutes les lectures ou préfères-tu y aller selon tes envies du moment ?
3- Est-ce qu'une grosse pile à lire te fait peur ou au contraire, est-ce que cela te réjouit ?
4- As-tu déjà vécu une grosse panne de lecture ? Si oui, comment cela s'est-il passé ? Si non, as-tu peur que ça t'arrive un jour ?
5- Qu'aimes-tu le plus dans le fait de tenir un blog ?

Je tague Sandrine, Marine & Camille et... c'est tout. Je ne sais pas vraiment qui taguer, mais si vous avez envie de répondre à ces questions, n'hésitez surtout pas ! 

mercredi 2 mars 2016

Jour d'écriture °1

Jour de tempête

Ce matin, lorsque mon réveil a sonné, j'ai automatiquement pesé sur snooze. Je ne voulais pas me lever, je voulais rester au chaud dans mon lit. 
7h15, je me décide à ouvrir les yeux pour de bon. Je regarde mon téléphone et je vois deux messages non-lus. Mes parents. Mes parents qui me disent "Je pense que ton école est fermée aujourd'hui". Je regarde sur le site de l'école et l'établissement est bel et bien fermé. 
Le bonheur. L'excitation. La délivrance, même. Je pouvais rester couché, la journée était annulée. 
Ça m'a alors rappelé ces soirs, quand j'étais plus jeune, où je me couchais en souhaitant, en priant, qu'il y ait une tempête de neige et que l'école soit fermée le lendemain. Et ces matins où mon père ou ma mère venait me réveiller pour me dire qu'il y avait bien une tempête, que l'école était fermée. À cet âge, il était impossible que je me rendorme tellement j'étais excitée. Le plus drôle, c'est que je pense que mes parents, surtout mon père, étaient excités à l'idée de venir me dire que l'école était fermée. Ça l'amusait, je pense. De livrer une bonne nouvelle qui, il savait, me ferait plaisir. 
Et puis, le meilleur, après, c'était quand mon frère restait à la maison avec moi et qu'on allait enlever la neige dans la cours, qu'on y jouait aussi. Les journées de tempête avaient toujours un certain côté magique, mystérieux: la ville était pratiquement dans un coma. 
Aujourd'hui, maintenant que je suis une adulte et que j'habite dans un appartement, la magie n'est plus vraiment présente. Certes, je suis contente quand l'école ferme, comme ça je peux dormir plus longtemps. Mais je ne sors plus dehors. Je ne vais plus jouer dans la neige. Je reste enfermée à l'intérieur parce que, de toute façon, j'ai des travaux à faire. Ça me rend triste, surtout nostalgique, mais je me dis que c'est comme ça.
Que c'est la vie.

mardi 1 mars 2016

(Bilan) Février 2016


En ce premier jours du mois de mars, je suis heureuse de vous retrouver pour vous faire part du bilan de mes lectures en février. Je me suis bien rattrapé ce mois-ci en lisant six livres ! Pour moi, avec les cours, le travail et les sorties, c'est un nombre assez élevé. 
Tout d'abord, j'ai commencé le mois en terminant La nuit des temps. Je m'attendais à mieux, je pensais y retrouver une grande histoire d'amour, mais ce ne fût pas le cas. Je suis toutefois contente d'avoir sorti ce livre de ma pile à lire. J'ai enchaîné avec Popcorn. Je pense que j'appréhendais beaucoup ma lecture, c'est peut-être ça qui fait que je l'ai plus ou moins apprécié. Cependant, c'est un livre que je n'aurais jamais été porté à lire, alors je suis contente que Stéphane me l'ait prêté. Après est venu Le silence de Mélodie qui est une lecture jeunesse. J'ai aimé lire sur le sujet de la paralysie cérébrale. Par la suite, j'ai lu Une chambre à soi. Ce livre m'a ouvert l'esprit sur la condition des femmes dans la littérature. C'était un livre qui me demandait, par moments, beaucoup de concentration, mais je suis contente d'avoir persisté. Sur un coup de tête, j'ai relu Rien de grave. C'est simple, ce livre est parmi mes préférés et le relire de temps en temps me fait toujours du bien. Pour terminer le froid mois février, j'ai lu Dans l'or du temps, un livre qui ne m'a pas particulièrement plu, mais je suis fan finie de cette auteure, alors c'est une bonne lecture malgré tout.
En somme, j'ai passé un excellent mois de février côté lecture ! Six livres et aucune déception. C'est rare ! Pour ce qui est du mois de mars, j'ai plusieurs lectures scolaires de prévu, ce qui risque de m'empêcher de lire mes livres personnels. Mais! J'ai une semaine de vacances durant ce mois, alors je compte bien en profiter.

En général, je n'ai pas l'habitude vous parler d'autres choses que de livres. Cela me restreint donc énormément dans mes publications d'articles. J'ai envie d'écrire davantage, de n'écrire que pour le plaisir de laisser aller mon imagination. Alors il se peut qu'une nouvelle catégorie d'articles voit le jour durant le mois de mars. Je verrai bien ! 

Avant de terminer, je tiens à justement vous parler de quelque chose qui ne concerne pas les livres: la musique. Durant le mois de février, je n'ai pratiquement écouté que le même groupe en constante répétition: Sleeping at last. Je vous invite fortement à découvrir un de leur album, Atlas: year one, dont je suis complètement amoureuse. 

Bref, voici le bilan numérique:
Six livres pour 1748 pages

En mars, je vous souhaite de belles lectures
et une diminution de la neige.

lundi 29 février 2016

Dans l'or du temps de Claudie Gallay

Résumé

Un été en Normandie. Pris dans les filets d'une vie de famille, le narrateur rencontre une vieille dame singulière, Alice. Entre cet homme taciturne et cette femme trop longtemps silencieuse se noue une relation puissante, au fil des récits que fait Alice de sa jeunesse, dans le sillage des surréalistes et dans la mémoire de la tribu indienne Hopi. La vie du narrateur sera bouleversée devant « la misère, la beauté, tout cela intimement lié ». 


Publié aux éditions J'ai lu en 2006
349 pages




Ce que j'en pense

À chaque fois que je vais dans une librairie, dans une bibliothèque, je regarde s'il n'y aurait pas un livre de Claudie Gallay que je n'ai pas lu. Très souvent, je n'y retrouve que Les Déferlantes ou Seule Venise. Quel bonheur d'enfin trouver un de ses livres non-lus ! Le résumé ne m'attirait pas forcément, mais c'est Claudie Gallay... Je ne pouvais faire autrement que d'acheter ce roman.

Dans l'or du temps raconte l'histoire d'un homme qui, un jour, se rend chez une vielle dame pour une histoire de fraises. C'est banal, ça n'a rien de bien important. Pourtant, le narrateur retourne chez Alice. Encore. Et encore. À chaque jour, puis à chaque semaine. À travers les souvenirs d'Alice et les bribes de vie du narrateur se créé un lien indéfinissable qui les unira pour toujours. 

Alice est une femme intéressante qui a un lourd passé. Aux premiers abords, on ne s'attend pas à toutes ces révélations chocs. On pense qu'Alice n'est qu'une vielle dame solitaire qui vit avec son chat et sa soeur. Mais elle est bien plus que ça. Elle est habitée par une histoire sombre, quoique assez fascinante. Elle est directe et elle arrive toujours à ses fins, je l'ai aimé pour ça. Ses petites pertes de mémoire la rende drôle et attachante. En fait, Alice est ce genre de personne avec qui j'aurais aimé passé un après-midi, m'asseoir et parler.
Le narrateur, tant qu'à lui, est bien différent. Tout d'abord, son nom n'est jamais révélé. C'est comme si Claudie Gallay cherchait à le rendre inatteignable, voire même distant ou froid. L'effet est réussi: j'ai eu l'impression qu'il ne vivait pas dans le même monde que les autres durant ma lecture. Il est père de famille, mais on voit bien que, même s'il dit aimer sa femme et ses enfants, il n'est pas vraiment présent pour eux. Il est là physiquement, mais jamais psychologiquement. Alice lui reproche souvent d'être trop silencieux, de ne jamais répondre à ses questions, mais il finit par s'y faire, par s'y habituer. J'ai appris qu'on ne peut pas changer les autres et je pense qu'Alice le sait aussi.

« Elle avait fait développer les photos des cailloux. Elle me les a montrées. Les cailloux tout seuls et les cailloux avec nous.
- Elles sont belles, n'est-ce pas ?
Je n'ai pas su si elle parlait des filles ou des photos.
Les filles souriaient. Anna aussi.
C'est juste moi. Moi j'étais un peu comme les cailloux. »

La relation que partage ses deux êtres est exceptionnel. Le lien qui les unit est tellement fort. Pourtant, ce lien ne s'explique pas... C'est comme cette théorie du fil rouge: « Un fil rouge invisible relie ceux qui sont destinés à se rencontrer et ce, indépendamment du temps, de l'endroit ou des circonstances. Le fil peut s'étirer ou s'emmêler, mais il ne cassera jamais… » Le narrateur ne peut s'empêcher de retourner chez son amie même si sa femme est attristée par cette situation. Elle pense même qu'il la trompe. Bien sûr, la relation entre les deux protagonistes est bien plus forte que tout ça. Ce qu'ils partagent, ce qu'ils vivent, c'est magique, c'est spirituel, c'est quelque chose qui n'arrive qu'une fois dans une vie. Alors, même si le narrateur est conscient de choisir Alice contre sa famille, il ne peut faire autrement. Il y a certaines choses qui doivent en être ainsi. 

Passons maintenant à cette histoire, ces souvenirs qu'Alice dévoile. Au début, je ne comprenais pas. Et surtout, je n'aimais pas ça. Pour faire court, le père d'Alice est photographe et il décide, un jour, de partir en voyage avec sa fille dans une village indien. Là-bas, ils rencontrent des gens qui vivent pour leurs dieux, pour leurs traditions, pour leur culture. C'est assez complexe et je ne veux pas m'étaler par peur de dire la mauvaise chose. 
Comme je disais, au début, ça me m'intéressait pas du tout. Il y avait des passages qui ne concernaient que l'histoire de ce peuple et je décrochais complètement. C'est la raison pour laquelle j'ai mis aussi longtemps à finir ce roman. Plus tard, lorsqu'Alice en dévoile davantage, j'ai commencé à mieux comprendre et alors, cette histoire m'a paru fascinante. Ma lecture s'est donc mieux terminée qu'elle a commencé. 

Peut-être, qu'à ce moment, vous vous demandez pourquoi j'aime autant les romans de Claudie Gallay. En général, ce n'est jamais pour l'histoire. (Quoique...). C'est pour l'écriture, la plume de cette femme. Les phrases courtes, les chapitres courts, tout est court, mais bien pensé. Tellement bien pensé. Et placé. Les mots sont simples, mais ils ont quand même des effets coup-de-poing. J'arrive à ressentir le mal-être de tous ces personnages, même si leur histoire est complètement différente de la mienne. Je ne saurais expliqué comment Claudie Gallay arrive à faire ça, mais je peux dire que ça m'atteint. À chaque fois.

« - Le couple... C'est étrange n'est-ce pas, tout ce qu'il faut mettre en pratique pour le faire exister... Je n'aurais pas pu survivre à cela. [...] Vous avez tort de quitter Anna.
- Je ne la quitte pas.
- Bien sûr que si vous la quittez... [...] Vous la quittez et vous ne vous en rendez même pas compte. »

Bref, même si je me suis longuement ennuyée durant ma lecture, je suis contente d'ajouter ce livre à mes livres lus. Si vous souhaitez connaître cette auteure, je vous conseille de commencer par Les Déferlantes. Vous ne pouvez vous trouver. Ensuite, L'amour est une île, Seule Venise, Une part de ciel...Vous aurez compris: le choix n'est pas ce qui manque !

★★★☆☆

mardi 23 février 2016

Rien de grave de Justine Lévy

Résumé

Tu t'attendais à quoi ? je lui ai dit. Tu crois que ça va être facile de me quitter ? Tu crois que je vais te laisser faire comme ça ? J'ai lancé le cadre par terre, le verre s'est brisé mais comme c'était pas assez j'ai bondi sur le lit et j'ai déchiré la photo [...]. Il a eu l'air triste, plus de la photo déchirée que du fait de me quitter. [...] Je ne savais pas encore que c'était la meilleure chose qui puisse m'arriver, qu'il me quitte. Comment j'aurais pu le savoir ? Il était toute ma vie, sans lui je n'existais pas.

Publié aux Éditions Le livre de poche en 2004
220 pages





Ce que j'en pense

En rentrant chez moi, hier soir, j'ai eu envie de relire ce roman. Juste comme ça. Ou peut-être que j'en avais besoin, aussi. Je pense que j'avais besoin de comprendre certaines choses.

« C'est ce que Pablo dit : peut-être que toute cette histoire m'a bousillée. »

Rien de grave raconte l'histoire de l'auteure elle-même, cachée sous le personnage de Louise, qui s'est fait laissée par son mari. Justine Lévy raconte son histoire d'amour avec un homme, Adrien (dans le roman), qui l'aimait à sa façon, mais qui n'était évidemment pas décente. Surtout, elle raconte comment, avec le temps, elle a réussi à passer à autre chose, à arrêter de l'aimer. 

Le livre commence lors de l'enterrement de la grand-mère de Louise. C'était sa personne préférée, celle qui s'est le plus occupée d'elle. Pourtant, sa deuxième maman est morte et elle ne pleure pas. Ça donne un peu le ton pour ce qui s'en vient: Louise vit avec un grand vide en elle. Elle n'a plus de larmes, elle est vide, son cœur est sec. Elle a eu beaucoup de mal à accepter le départ d'Adrien. Elle a connu la dépression, les problèmes alimentaires, l'addiction à la drogue. Forcément, on ne peut que s'attacher à elle et souhaiter qu'elle s'en sorte, qu'elle oublie cet idiot égoïste qui lui a brisé le cœur. 
En parlant du loup, je ne crois pas que ce soit nécessaire ni pertinent de consacrer un paragraphe à Adrien. Il était gentil, par moments, mais jamais complètement. Il agissait dans son propre intérêt sans jamais en pensant à Louise. C'est le genre d'homme qu'une femme doit éviter. À tout prix. 

Quand je pense à leur histoire d'amour, je me demande si Adrien a déjà vraiment aimé Louise. Il est vrai que l'auteur ne raconte que les mauvais moments, ceux qui ont causés leur séparation, mais tout de même... Il l'a peut-être aimé, mais il n'a jamais fait attention à elle.

« C'était marrant, avant, de discuter avec toi. C'était marrant quand j'aimais tout de toi, toi en bloc, tes faiblesses, tes défauts, je les aimais aussi tes défauts, et j'aimais quand on discutait, j'aimais avoir tort contre toi, et raison avec toi, et t'embrasser, et te couper la parole pour lancer oh là là tu as la peau douce, et jouer au bébé, et jouer à l'adulte, et te mettre un doigt dans ta bouche pendant que tu parlais pour t'énerver un peu, toucher tes dents, te retrousser le nez, te malmener, je t'appartenais, tu m'appartenais, tu le sais bien qu'on était comme ça. »

Sur la quatrième de couverture, il y a une phrase de Patrick Besson qui, je pense, est terriblement vraie. Il dit, « Jamais peut-être l'écriture n'aura autant sauvé quelqu'un ». Je crois que c'est ce qu'il faut retenir de ce roman: Justine Lévy s'est sauvée la vie en écrivant ce livre. Elle a extériorisé le mal, la douleur. Elle a mis fin à cette souffrance qui l'habitait et qui la contrôlait.

Je ne peux parler de ce livre sans parler de la plume, du style de l'auteur. En général, j'ai horreur des phrases longues. Ça me demande trop de concentration, alors je décroche. Mais avec Rien de grave, c'est différent. C'est même l'aspect que j'ai le plus apprécié, à bien y penser. Le style est dur, sec, mais fluide. Les points sont placés aux bons endroits et les phrases longues ont leur effet : c'est essoufflant. Peut-être Justine Lévy était-elle aussi essoufflée après cette relation.

« Oui, peut-être que c'est mieux comme ça, dans le fond. Peut-être qu'il fallait qu'on se quitte pour devenir adultes. Peut-être que c'était le seul moyen de grandir avant de vieillir, de ne pas devenir, un jour, de vieux bébés gâtés. Peut-être qu'il le fallait pour savoir un jour ce qu'aimer veut vraiment dire. Aimer ça ne veut pas dire être pareils, se conduire comme deux jumeaux, croire qu'on est inséparables. Aimer c'est ne pas avoir peur de se quitter ou de cesser de s'aimer. Aimer c'est accepter de tomber, tout seul, et de se relever, tout seul, je ne savais pas ce que c'est qu'aimer, j'ai l'impression de le savoir aujourd'hui un peu plus. »

Bref, à mes yeux, il n'y a rien de négatif avec ce roman. C'est une perle. C'est un livre qui fait du bien, mais qui fait surtout mal. On voit à quel point l'amour est destructeur, mais aussi réparateur. Il fait parti de ces livres qui me marquent, qui me touchent droit au cœur. Je ne pense pas qu'il soit possible, qu'un jour, j'oublie cette histoire.

« Mais quand même : comment est-ce qu'on fait, quand on a si mal, pour avoir l'air content ? »

★★★★★


mercredi 17 février 2016

Une chambre à soi de Virginia Woolf

Résumé

Bravant les conventions avec une irritation voilée d'ironie, Virginia Woolf rappelle dans ce délicieux pamphlet comment, jusqu'à une époque toute récente, les femmes étaient savamment placées sous la dépendance spirituelle et économique des hommes et, nécessairement, réduites au silence. Il manquait à celles qui étaient douées pour affirmer leur génie de quoi vivre, du temps et une chambre à soi.

Publié aux Éditions 10/18 en 1992.







Ce que j'en pense

Virginia Woolf est une femme qui m'a toujours fascinée. Malgré la déception que j'ai eu en lisant Mrs Dalloway, je n'ai jamais pensé que cette femme ne méritait pas qu'on la lise. C'est pourquoi quand j'ai vu ce livre à la librairie, je l'ai pris sans me poser de questions. 

Une chambre à soi est un essai sur la place des femmes dans la vie en générale, mais surtout dans la littérature. N'importe qui s'intéressant à cette question sait que le sujet est délicat et qu'au final, les femmes ont été affreusement limitées dans leur développement littéraire. Ainsi, on suit l'auteure à travers son sujet d'étude: quel est le lien entre les femmes et le roman ? Virginia Woolf aborde le sujet d'une façon très pertinente en faisant plusieurs liens avec d'importants écrivains comme Shakespeare, Jane Austen, les soeurs Brontë et George Sand. Elle explique à quel point il était mal vu pour une femme de vouloir écrire, d'avoir une pratique intellectuelle. Heureusement, certaines femmes ont réussi à braver ses conventions et à représenter la Femme. 

« Le monde ne leur disait pas ce qu'il disait aux hommes : Écrivez si vous le voulez, je m'en moque... Le monde leur disait avec un éclat de rire: Écrire ? Pourquoi écririez-vous ? »

Le livre est divisé en six chapitres. Les deux premiers, je les ai trouvés assez long. Je trouvais que Virginia Woolf contournait le sujet, qu'elle s'en approchait sans entrer directement dedans. Par la suite, elle s'intéresse concrètement aux écrivaines mentionnées plus haut et ça m'a totalement accroché. Elle parle du parcours de Jane Austen qui doit s'occuper de la maison, des tâches ménagères, des enfants, de son mari. En gros, elle n'a aucun temps pour elle. C'était semblable pour la grande majorité des femmes à cette époque. Jane Austen a toutefois persisté à écrire, même si elle le faisait dans le secret, et c'est grâce à elle que nous avons Orgueil et Préjugés

« Et sans vanterie ou désirer de peiner l'autre sexe, on peut dire qu'Orgueil et Préjugés est un bon roman. Quoi qu'il en soit, il n'y avait pas lieu de rougir parce que l'on était prise en flagrant délit d'écrire Orgueil et Préjugés. Jane Austen, cependant, était contente d'entendre grincer les gonds, ce qui lui permettait de cacher son manuscrit avant que quelqu'un entrât. Pour Jane Austen, il y avait quelque de peu honorable dans le fait d'écrire Orgueil et Préjugés. Et, me demandai-je, Orgueil et Préjugés aurait-il été un meilleur roman, si Jane Austen n'avait pas pensé qu'il était nécessaire de cacher son manuscrit aux visiteurs ? »

L'ironie, dans toute cette histoire, est à quel point les hommes sont obnubilés par les femmes. Ils écrivent à propos elles, ils parlent d'elles, ils les aiment, ils vivent avec elles. Et pourtant, elles n'ont pas le droit de participer à la vie publique et surtout pas d'écrire. Pourquoi ? Si elles sont si importantes au développement des hommes, pourquoi ne peuvent-elles pas être leur égal ? C'est frustrant, car on le sait bien, aujourd'hui, qu'un homme comme une femme est capable d'écrire un roman. 

À un moment, Virginia Woolf imagine ce qui se serait passé si Shakespeare avait eu une sœur dotée des mêmes capacités que lui. Elle ne prend pas beaucoup de temps avant d'arriver à la fatidique conclusion que cette sœur aurait préféré mourir plutôt que d'être emprisonnée dans ce corps de femme sans aucune possibilité de créer quoique ce soit. C'est triste, fâchant, révoltant, mais pourtant si vrai. 

« Elles écrivaient comme écrivent les femmes et non comme écrivent les hommes. Parmi les mille femmes qui alors écrivaient des romans, elles furent les seules à ignorer complètement les perpétuels conseils de l'éternel pédagogue: écrivez ceci, pensez cela. Elles seules furent sourdes à l'éternelle voix, tantôt grommelante, tantôt protectrice, tantôt autoritaire, tantôt chagrine, tantôt scandalisée, tantôt irritée, tantôt paternelle, à cette voix, qui ne peut laisser les femmes en paix[...]. »

L'écriture de Woolf est très bien structuré. J'avais peur, en lisant un essai, d'avoir du mal à suivre, de me perdre, mais j'ai réussi à bien comprendre. Il est vrai que ce livre me demandait un peu plus de concentration qu'à l'habitude. Je ne voulais pas lire avec plein de gens autour: j'avais besoin de calme et de silence afin de bien assimiler les avancements dans la pensée de l'essayiste. 


Bref, je pense que cet essai est important. Le message qu'il véhicule est important : laissez la femme être, permettez lui d'avoir une chambre à soi et enfin, peut-être, arrivera-t-elle à s'épanouir. 

★★★★☆

mardi 9 février 2016

Le silence de Mélodie de Sharon M. Draper

Résumé

Quand j'ai eu deux ans, tous mes souvenirs avaient de mots, et tous mes mots avaient une signification. Mais seulement dans ma tête. Je n'ai jamais prononcé un seul mot. J'ai bientôt onze ans.



Publié en 2015 aux éditions Michel Lafon
282 pages










Ce que j'en pense

En voyant ce livre dans les rayons à la bibliothèque, je l'ai pris sans trop me poser de questions. Je savais qu'il figurait parmi les livres jeunesse, mais ça fait toujours du bien de varier ses lectures. J'ai donc commencé ma lecture doucement, sans rien attendre ni anticiper. 

Le silence de Mélodie raconte l'histoire d'une jeune fille de onze ans atteinte d'une paralysie cérébrale. Elle est très intelligente, même plus que la plupart des jeunes de son âge, elle comprend tout ce qu'on lui dit quand on lui parle, mais elle ne peut pas parler. Tout son corps, à l'exception de ses pouces, est paralysé. Elle se déplace en fauteuil roulant, elle a besoin qu'on la fasse manger, qu'on l'habille, qu'on l'aide à aller à la salle de bain. Elle est dépendante des gens qui s'occupent d'elle, mais ça n'enlève en rien la petite merveille qu'elle est.

Comme je n'ai pas d'enfants, je ne peux pas vraiment m'imaginer comment ce serait d'avoir un enfant handicapé. Cependant, en lisant ce livre, j'arrivais très bien à ressentir la détresse des parents. Bien sûr, ils aiment Mélodie, bien sûr, ils feraient n'importe quoi pour elle. Mais ce n'est pas toujours facile. Parfois, après une longue journée, ils aimeraient bien se reposer et se prélasser, mais c'est impossible. De l'autre côté, on ressent aussi très bien la frustration de Mélodie. Par exemple, lorsqu'elle était plus jeune, elle avait un poisson rouge. Un jour, il a sauté en bas de son bocal. Elle a crié, crié et crié pour alerter sa mère. Comme elle ne venait pas, elle a tenté de le sauver en faisant tomber le bocal pour que le poisson reçoive de l'eau. Quand sa mère est arrivée, elle pensait que Mélodie avait voulu tuer le poisson. Honnêtement, cette jeune fille est d'une force et d'une endurance incroyable. Durant tout le roman, je n'ai cessé d'avoir de l'admiration pour elle. Ce devait être extrêmement dur de vivre dans sa peau.

« Maman est revenue en me grondant une nouvelle fois.
- Ton poisson est mort, Mélodie. Je ne comprends pas pourquoi tu t'en es prise à cette pauvre petite créature. Il était heureux dans son petit monde.
Justement, je me suis demandé s'il l'était vraiment, au fond. Il en avait peut-être ras le bocal de tourner en rond au-dessus de ses petits cailloux. Peut-être qu'il n'en pouvait plus. Moi-même, c'est ce que je ressens, parfois. »

Heureusement, Mélodie a une panoplie de gens fantastiques qui prennent bien soin d'elle. Madame V. est juste parfaite. Elle repousse sans cesse les limites de l'enfant et elle n'arrête jamais de croire en ses capacités tant intellectuelles que physiques. Ensuite, Penny est une petite boule d'énergie qui apporte un charme supplémentaire à l'histoire. Catherine, son éducatrice, est formidable et elle prenait toujours bien le temps de comprendre ce que Mélodie voulait vraiment.

Malheureusement, comme le personnage principal a onze ans, les enfants sont de vrais monstres avec elle. Quelques-uns se moquent d'elle, l'imitent... Ceux qui se disent ses amis n'hésitent pas à l'abandonner dès que l'occasion se présente. Franchement, les enfants n'ont aucun respect et aucune compréhension. Je les aurais bien secoués.

En général, j'ai tout apprécié de cette histoire. Elle n'est pas compliquée, les personnages principaux sont adorables et l'intrigue est bien ficelée. Le seul point négatif que j'ai retiré est que la première moitié du livre ne relate que des souvenirs de Mélodie. Ainsi, il n'y a aucune réelle progression, aucune réelle histoire, car elle ne fait que raconter comment s'est passé son enfance. Je dois avouer que ces souvenirs sont nécessaires pour aider à la compréhension de son handicap pour le lecteur, mais je pense que l'auteur a abusé. J'aurais préféré davantage de moments présents que passés.

L'écriture de Sharon M. Draper est admirable, car même si la narratrice est une jeune enfant de onze ans, on n'a jamais l'impression de lire un bébé. Le texte est bien adapté pour tous les âges. 

Bref, je comprends certainement mieux maintenant comment se déroule la vie d'une personne atteinte de paralysie cérébrale. Ils sont touchants, drôles, intelligents: ils sont humains. C'est ça le message le plus important que dégage ce livre: ces personnes sont normales. Certes, elles ont leurs différences (comme tout le monde, non?), mais elles ne méritent pas d'être traitées comme des marginaux. Je recommande ce livre à ceux qui veulent en apprendre sur la vie de ces personnes atteintes de cette maladie. 

★★★☆☆

dimanche 7 février 2016

Popcorn de Ben Elton

Résumé


Bruce Delamitri réalise des films où les tueurs ont la vedette. Des films spectaculaires, au réalisme effrayant. Il est loin de se douter que la réalité dépasse la fiction. Mais, une nuit, après son triomphal succès à la soirée des Oscars, deux vrais tueurs débarquent à Beverly Hiils et le prennent en otage. Ces fans d'un genre très spécial vont imaginer un scénario dont il sera la victime...




Publié 1999 aux éditions France Loisirs
317 pages




Ce que j'en pense

Avant que l'ami de mes parents ne me parle de ce livre, je n'avais aucune idée ce que c'était. Ni le titre, ni l'auteur ne me disait quelque chose. Pour la continuité de ce blog et pour ma culture personnelle (j'imagine), Stéphane, l'ami de mes parents, m'a prêté ce livre. Ma curiosité, étant plus forte que tout, m'a poussée à lire ce livre le plus tôt possible. Maintenant, c'est chose faite !

Popcorn raconte l'histoire d'un cinéaste très réputé avec ses films violents, sanglants et sexuel. Les avis à son sujet sont assez mitigés; certains le détestent, alors que d'autres l'idolâtrent. Le livre commence la journée des Oscars. Évidemment, Bruce remporte cet Oscar. Durant la soirée suivant la cérémonie, Bruce rencontre une femme charmante, Brooke, qu'il invite chez lui. Une fois arrivés à son appartement, ils sont surpris par le duo de meurtrier le plus populaire du moment: les Hyènes des hypers. 

Dès les premières pages, le lecteur est propulsé dans l'histoire. Et c'est peu dire. J'avais du mal à me situer. Un passage, on suit les deux tueurs, après, Bruce est dans une émission de télévision. C'est dur de suivre ce changement quand l'histoire n'est pas bien établie. À mes yeux, il manquait gravement de chronologie. Plus tard, cet effet de changer de scène aussi rapidement aurait pu être bien, en fait c'est un peu utilisé, mais au début, c'est trop. Ça ne fait que commencer et on est déjà perdu... 

Un autre aspect qui m'a dérangée est la présence accrue de violence. Je suis quelqu'un de très pacifiste, alors toute cette violence... ça m'a perturbée. Après tout, je pense que c'est peut-être nécessaire qu'il y ait autant de violence pour que le message, la critique sociale soit bien comprise. De plus, le sexe est largement exploité dans ce roman. Quand Bruce gagne son Oscar, la seule chose à laquelle il pense (ou presque) est le fait qu'il y a d'innombrables femmes dans la pièce, donc plusieurs poitrines. Ça donne une idée du genre de personne qu'il est... 

« - On est des boucs émissaires ! Ce pays est confronté à une crise qui touche la loi et le maintien de l'ordre, une crise cataclysmique ! Alors, il faut un coupable. Et, comme les hommes politiques refusent de porter le chapeau, on cherche ailleurs. Et on tombe sur les amuseurs publics, sur les artistes. Mais ce ne sont pas les artistes qui créent la société, figurez-vous. Ils se contentent de lui renvoyer son image à l'aide d'un miroir. Peut-être bien que ce vous voyez dans ce miroir ne vous plaît pas. Mais n'essayez pas de nous changer, nous les artistes. C'est plutôt la société qu'il faut changer. »

Pour poursuivre, Bruce, le personnage principal, est un être égoïste qui aime choquer. Ce n'est pas le genre de personnages que j'aime, mais j'ai aimé le détester. Quand il est confronté aux tueurs, je me demandais: est-ce que je veux qu'il s'en sorte? Est-ce que ça m'importe? Malgré moi, malgré mes ressentis face à cet homme, je souhaitais qu'il sorte vivant de cette histoire. Ensuite, les deux autres personnages principaux de Popcorn sont, bien évidemment, les deux tueurs: Wayne et Scott. Ce sont des êtres méchants, dépourvus de sentiments (quoiqu'ils en disent) et avec comme seule envie de régner sur les autres. Vers la fin de l'histoire, Wayne confronte Bruce et j'ai bien aimé ce qu'il avait à dire sur la société, sur l'influence qu'ont les gens importants sur les autres. Ces deux monstres sont plus intelligents que je pensais.

J'ai l'impression de n'avoir mentionné que les aspects négatifs de ce roman, mais ne vous inquiétez pas! J'ai noté quelques points qui m'ont plu. 
Tout d'abord, la critique sociale dans ce roman est tellement forte. Les films de Bruce sont dits comme étant le reflet de la société américaine par certains, alors que d'autres disent que ses films ne sont qu'un divertissement. Cependant, avec Wayne et Scott, on voit bien que la société américaine n'est pas rose... Et puis, quel est le rôle de l'artiste dans tout ça? Vers la fin, la discussion entre Bruce et Wayne est centrée sur ce sujet et c'est de loin mon passage préféré. À un autre moment, les médias entrent dans le décor et c'est tout simplement à se tordre de rire. Tout ce qu'ils disent juste pour écouler le temps, juste pour parler, c'est atroce. Toutefois, ça permet de s'ouvrir les yeux sur la réalité des choses. Les médias ont tendance à nous polluer l'esprit, quoi qu'on en dise. 

Ensuite, je ne saurais vraiment expliquer pourquoi, mais j'ai vécu une certaine addiction face à ce livre. Je voulais lire, je voulais savoir ce qui allait se passer, j'avais besoin de le savoir. La preuve, je l'ai lu très rapidement. 

Pour terminer cette chronique qui s'éternise, je le réalise bien, je voulais mentionner la présence du cinéma dans ce livre. Bien sûr, le personnage principal est un cinéaste, alors le lien est facile à faire. Mais à plusieurs reprises, les scènes sont décrites comme dans un scénario de film. Comme ça, ça aide bien à s'imaginer les décors et les endroits où les personnages se trouvent. Cependant, j'avais peur de découvrir que cette histoire n'était que le scénario d'un film de Bruce... Rassurez-vous, ce n'est pas le cas.

Bref, je pense que ça suffit largement. Je tiens tout spécialement à remercier Stéphane de m'avoir prêté ce livre. Même si ça n'a pas été un coup de coeur, je suis très contente de l'avoir lu. C'est toujours bon de sortir de sa zone de confort et de découvrir de nouvelles choses. Merci à toi!

★★☆☆